TREEPEDIA (MIT) : SMART CITIES, MONITORING AND WELLBEING

Extrait de treepedia, ville de Bréda, 2022

Temps de lecture : 3 minutes,
mots-clés : SmartCities, monitoring, données, datas, villes, Cities, publics spaces, management, gouvernance, greenery, espaces verts.

Chers lecteurs,

Lorsque je présente les enjeux des smart Cities lors de conférences ou autres présentations aux développeurs immobiliers ou pouvoirs publics, il est souvent compliqué de démontrer le lien qu’il peut y avoir aujourd’hui entre le monitoring urbain et la qualité de vie. Non pas parce que les exemples nous manquent, mais bien parce qu’il est toujours difficile d’appréhender le partage d’information entre les acteurs est le garant de valeurs desquelles tout le monde peut ensuite profiter et rendre aussi la ville plus forte et donc plus attrayante. Dans un monde en pleine mutation, mieux, dans la décennie de tous les basculements, cette mutualisation est essentielle comme au moyen âge, les gens profitaient des murailles construites par les seigneurs qui en profitaient par les taxes découlant des échanges commerciaux liés au poids démographique de leur ville.

Extrait de Treepedia, ville de Los Angeles, 2022

Les forêts urbaines intelligentes

Durant le confinement, nous nous sommes attardés sur les questions des espaces verts en ville et de leur importance. Mieux, nous avons analysé des villes comme New York, démontrant que les crises avaient eu des impacts massifs sur l’urbanisation et les parcs en ville :

Cette question de verdurisation des villes est essentielle dans un contexte où l’étalement urbain doit cesser, mais ne doit pas pour autant nous amener à des villes à la Blade Runner. D’autre part, planter des arbres, c’est couteux et l’entretien de ceux-ci tout autant.

Et c’est là que la ville intelligente vient nous aider, car aujourd’hui, la recherche nous explique qu’il faut à minima 9m² de végétation par habitant en ville pour une valeur idéale de 50m². Une surface à comparer avec les 15 m² utiles pour une place de parking en rue. L’initiative de recherche Treepedia, lancée en 2016 par le MIT Senseable City Lab, en est un exemple. Treepedia aspire à faire connaitre les forêts urbaines en utilisant des techniques de vision numérique basées sur les images de Google Street View. Ses bases de données s’étendent de plus en plus[1].

« L’augmentation du couvert forestier d’une ville contribue à faire baisser les températures urbaines en bloquant le rayonnement des ondes courtes et en augmentant l’évaporation de l’eau. En créant des microclimats plus confortables, les arbres atténuent également la pollution atmosphérique causée par les activités urbaines quotidiennes. Leurs systèmes racinaires absorbants permettent également d’éviter les inondations en cas de fortes pluies et d’ondes de tempête. Dans l’ensemble, les arbres sont donc plutôt géniaux.

Les villes du monde entier le reconnaissent et nombre d’entre elles élaborent des stratégies pour augmenter la couverture végétale. En fait, en 2015, le Global Agenda Council (GAC) du Forum économique mondial (WEF) sur l’avenir des villes a inclus l’augmentation de la couverture végétale dans sa liste des dix principales initiatives urbaines : « Les villes auront toujours besoin de projets d’infrastructures de grande envergure, mais parfois, les infrastructures à petite échelle – des pistes cyclables et des vélos en libre-service à la plantation d’arbres pour l’adaptation au changement climatique – peuvent également avoir un impact important sur une zone urbaine. »

À l’heure où les villes du monde entier s’efforcent de mettre en œuvre des stratégies de verdure, nous avons mis au point une mesure – l’indice de vue vert – qui permet d’évaluer et de comparer la couverture végétale. En collaboration avec le Global Agenda Council on the Future of Cities du Forum économique mondial et la communauté Global Shapers du Forum économique mondial, nous continuerons à développer cette base de données pour couvrir les villes du monde entier. À quoi ressemble votre canopée verte ? » (extrait du site Treepedia, 2022)

La force du système est de deux ordres : développer une base de données suffisante pour en tirer de véritables enseignements de la qualité de vie offerte aux habitants et pour chaque ville étudiée. Le second élément est d’utiliser ces données pour élaborer une nouvelle stratégie de verdurisation dans les villes, par exemple obliger un développeur à construire plus haut, mais moins large pour créer de l’espace vert au sol. Une forme de Win-Win liant la valeur des projets à la qualité de vie.

On notera comme à chaque fois que les données de streetview doivent être améliorées (les algorithmes ne sont pas experts) par l’expertise locale en demandant aux habitants de contribuer à l’analyse de la végétation dans leur quartier. En contrepartie, plus les données sont précises par quartier, mieux les pouvoirs publics savent où ils doivent agir au plus vite.

IL est donc ici question d’une intelligence collective : personne-machine-ville mise ne place pour atteindre une meilleure qualité de vie.

Extrait de Treepedia, ville de Franckort, 2022

Penser la ville avec les données et les habitants

La complexité actuelle s’accommode mal des règlementations urbanistiques traditionnelles issues des années 1960 : PPAS, PRD, GCU, etc. sont des approches aujourd’hui dépassées pour offrir une véritable qualité urbaine dans des territoires qui seront, par la force de la nature et des changements climatiques, de plus en plus denses, mais aussi de plus en plus complexes à équilibrer tant humainement que systémique (ilots de chaleur, etc.). il est donc fondamental de passer à l’ère numérique avec des jumeaux capables d’agréger à la fois les données mesurées par les machines et les algorithmes que celles mesurées par les habitants. Le croisement de celles-ci devra permettre, avec moins de moyens, de répondre à l’enjeu majeur des villes de demain : la qualité de vie.

L’exemple de Treepedia est significatif : le monitoring global à travers des données préexistantes dans lesquelles un algorithme permet de développer des métadonnées. Ces données doivent être ajustées par le vécu des habitants, rendant les données signifiantes pour tous et aussi pour les pouvoirs publics. Enfin, avec les moyens alloués dans leur budget, les élus pourront sélectionner les espaces à améliorer en priorité… et l’amélioration de la qualité de vie rendra la ville plus attractive.

La verdurisation des espaces ne peut se limiter seulement aux espaces publics, l’enjeu est aussi la contribution de chaque développeur à cet objectif, il y gagnera tout autant.

Bonne lecture et merci.

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, Data Scientist. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.


[1] Boston, Breda, Cape Town, Francfort, Kobe, Londres, Los Angeles, Oslo, Paris, Quito, Sydney, Toronto, Turin, Vancouver, …

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