Archives pour la catégorie urban planning

WE MUST UNDERSTAND THE TRACK’s POLITICS IN USA TO UNDERSTAND THE PUBLIC TRANSPORT IN EUROPE

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Chers Lecteurs,

Voici un article très intéressant de CityLab, source fréquemment utilisée sur ce blog et issue de l’édition de The Altantic publiée aux É.-U.. Aujourd’hui, nous mettrons en valeur l’article d’Elizabeth KING. Il nous parle de l’évolution du réseau AMTRAK qui est un service de société de chemin de fer atypique pour les É.-U., car c’est la seule société de transport fédérale entièrement publique.

Pour de nombreux Américains, AMTRAK est une hérésie fédérale. Pour les urbanistes et planificateurs du territoire, AMTRAK est un outil de planification contre la désertification des territoires qui ne sont plus connectés aux grandes agglomérations urbaines que grâce au chemin de fer. L’auteur prend en exemple le contexte de l’ouragan Katrina qui a détruit la gare de Mobile… et qui ne fut jamais reconstruit. Aujourd’hui, un projet de reconstruction et recréation d’une ligne interrégionale vers la Nouvelle-Orléans (e.a.) se fait ressentir pour l’ensemble des populations. En effet, la fermeture de la gare a eu 3 impacts majeurs :

  • une réduction de la migration des jeunes populations;
    un isolement marquant pour les populations plus âgées;
    une ségrégation financière de la mobilité des habitants eu égard au coût élevé des alternatives, essentiellement l’avion.

Aujourd’hui, l’administration TRUMP semble vouloir enterrer la société AMTRAK… qui elle-même est un lien essentiel pour les populations qui ont voté majoritairement pour lui. Mais là n’est pas la question de notre article. Plutôt, l’analyse de l’impact d’une fermeture des grands couloirs de transports de passagers à travers les É.-U. est analysée par l’ensemble des aménageurs du territoire comme une catastrophe pour le maintien de villes moyennes et leurs interconnexions avec les grandes agglomérations américaines des côtes Est et Ouest.

 

Amtrak

 

Si cette analyse est valable pour les É.-U., elle l’en moins pour des petits pays comme la Belge, hyperurbanisés. Par contre, des pays comme la France, l’Allemagne ou l’Espagne sont également concernés par ce type de stratégie. Pare exemple, la France a montré les limites de l’articulation du grand réseau TGV centré sur Paris et les conséquences du manque d’investissement du réseau des lignes classiques. Une prise de conscience récente de l’importance du maillage ferré comme nécessité de structuration du territoire est en cours et RFF (Réseau ferré de France) a lancé un plan important avec l’arrivée du Président Hollande  au pouvoir. (Le Monde, 12 juillet 2013). Mais la situation américaine et les risques nouveaux encourus avec les nouveaux plans de Trump nous montrent à quel point la ville et ses interconnexions avec le territoire nécessitent différentes échelles. En effet, ce n’est pas parce qu’une ville a un bon réseau régional et est connectée au TGV que cela suffit. C’est le maillage des différents niveaux d’interconnexion qui influence la qualité de son hinterland. Une relation symbiotique souvent oubliée.

plus d’infos :

Mapping Amtrak Service, Before and After the Trump Budget

le site officiel d’Amtrak : https://www.amtrak.com/home/

 

 

 

 

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le projet « Escale numérique » réalisé par Mathieu Lehanneur pour JCDecaux, Ville de Paris, 2012

Depuis sa fondation, la ville est un objet technique complexe reliant des activités, des infrastructures et des Hommes. Toutefois, et petit à petit à travers les âges, la ville s’est humanisée au travers d’échanges et du développement des espaces publics : places, rues, squares, un ensemble de mots signifiant des usages et des activités humaines spécifiques liées aux besoins des hommes.

Aujourd’hui, un nouveau paradigme sociétal est apparu : le numérique et ses nouveaux usages de l’espace urbain. L’Ethnologue italien P. FERRARIS nous parle de l’Eidos Mobile, sorte d’interaction entre l’homme et la machine qui ne font plus qu’un et cette unité a besoin de nouveaux éléments dans la ville pour fonctionner de manière optimale. Parallèlement, E. CHAMAYOU nous parle de la Kill Box, une nouvelle approche de la dimension de l’espace en 4 dimension : la dimension temporelle devenant mesurable au travers de l’espace qui est lui-même décomposé en petit carrées qui se complètes et s’adjoignent les un aux autres en fonction de nos déplacements.

Cette introduction pour parler d’un petit article de blog lié à la question de « s’asseoir en ville ». Un objet qui n’est pas si anodin que cela eu égard aux expériences récentes en France de villes ayant interdit les espaces de bancs aux SDF. Une autre preuve, si nécessaire, que le mobilier urbain est devenu aujourd’hui un enjeu politique.

L’enjeu de l’Eidos

L’Eidos mobile, intimement lié au numérique, est la nécessité de multiplication de micro-lieu de repos : lire des mails, passer un coup de téléphone nécessitant une forte attention, lieu de rencontre « je suis ici » via Yelp ou Foursquare pour ne citer que ceux-là.

L’enjeu de la Kill Box

La Kill Box redéfinit la dimension anamorphe de l’espace public et le rend encore plus singulier. Cette singularité oblige à la multiplication des éléments de design spécifique pour accompagner, selon le lieu, des fonctions et usages similaires et développés ci-avant.

Toutefois, la stratégie du mobilier urbain qui se présente sous une forme réglementée à outrance (pour des raisons de sécurité) mais également industrielles (l’uniformisation pour le moindre coût) est battue en brèche par de nombreuses nouvelles interventions urbaines : Parking Day, l’exemple de Grenoble et bien d’autres ne sont que les quelques exemples de création de mobilier spécifique dans des lieux que l’être urbain désire se réapproprier. Car l’espace public est devenu lieu de vie et espace intime au même titre que les grands rassemblements.

 

 

L’article inspirant ce post pose donc la bonne question : « Au-delà des sièges : réinventer la pause urbaine ». Une notion assez nouvelle et qui mériterait d’être prise en compte dans le cadre des stratégies des villes qui élaborent des charges du mobilier urbains. En effet, jusqu’à aujourd’hui, ces chartes développaient une systémiques fonctionnelles et visuelle : le mobilier urbain devait être rationalisé pour des raisons de coût et esthétisés pour des raisons d’identité.

Si cette approche reste actuelle, elle doit, à notre sens, être étendue à la question du parcours urbain d’une part et des jalonnements (les pauses) de ces parcours d’autre part. Un parcours souvent jalonné d’impossibilité de placement du mobilier… sauf à créer pour intégrer.

L’enjeu de la convivialité et de l’urbanité des villes numériques de demain est à ce prix.

 

Pour prolonger les lectures :

La ville asseyable, une utopie à (re)construire, Blog Demain la ville, Bouygues Immobilier, 14 mars 2016

Vers une ville asseyable, La ville résiliente, 23 avril 2016

Le canapé, ce mobilier urbain qui s’ignore, le Bug Urbain, 04 mars 2014

Avec vergers urbains, tous les moyens sont bons pour (ré)installer des bancs, vergers urbains, 21 février 2015

OVERSEAS INTERACTIVE MAP & CLIMATE CHANGE

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Le Bigdata offre parfois de belles surprises. Plus particulièrement encore, lorsque je tombe sur une carte interactive fascinante et qui fait froid dans le dos. Je vous parle ici d’une carte proposée par CLIMATE CENTRAL, une ONG américaine qui a développé une carte interactive sur l’ensemble des données du globe et relatif à la montée (inéluctable) des eaux. Le plus impressionnant est l’analyse des variables telles que la diminution de la consommation de carbone, le stand Still ou une révolution verte. Dans tous les cas, il faut bien reconnaitre que c’est juste une question de temps.

Accès aux données interactives/cartes : ici

Pour la Belgique, les données sont de très bonne facture puisqu’elles corroborent les données étudiées par la Région flamande, entre autres dans le cas de l’étude du plan 2100 proposé par le bureau d’urbanistes Buur.

Je vous laisse vagabonder à travers le monde pour voir le cataclysme qui nous attend…

Basé sur un article lu sur The Dirt, New Map Shows the Impact of Future Sea Level Rise, 01 décembre 2015 par Jared Green

MY ADRESS IS « ORFEVRE.MIMER.BAOBAB »

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Tel est le principe de What3words, une start-up londonienne portée par des géographes qui pourraient, au même titre que Larry Page et Sergeï Brinn, révolutionner la géolocalisation et l’adressage des habitations ou tout autre élément sur terre.

Le principe est simple : créer une maille de 3m x 3 m sur l’ensemble du monde et lui adresser des coordonnées spécifiques et uniques. Ces coordonnées se dispensent sous la forme de 3 mots qui peuvent être définis en plusieurs langues, pour autant que le champ lexical soit suffisamment large.

L’ingéniosité de leur approche est d’offrir à quiconque une possibilité de retenir une adresse aussi simple que trois mots. C’est une révolution face aux adresses traditionnelles des villes occidentales mais également, et surtout, pour les territoires du monde qui ne sont pas encore adressés. Ces derniers représentent plus de 4 milliards d’habitants… et à l’époque du commerce en ligne, il ne faut pas être grand clair pour prendre conscience de l’importance de ce processus innovant d’adressage. La force de l’idée est finalement de combiner une très petite base de données mais qui, combinée mot par mot, donne des possibilités quasiment infinies.

Les grands investisseurs de ce monde ne s’y sont pas trompés, et la levée de fond est plus que conséquente pour une idée qui est, somme toutes, assez simple. Les enjeux financiers de cet algorithme se calculent en milliards d’euros, car il devrait permettre aux grands transporteurs (qui ne connaissent pas la crise) de développer un encodage simple et efficace dès que le client connait les 3 mots qui lui permettent de définir le lieu de distribution de son colis. Mieux encore, comme la trame est minuscule, on peut même s’imaginer qu’avec l’aide de Google et de la définition des données sur plans et l’intérieur des bâtiments, on peut localiser le bureau dans lequel on doit livrer le colis.

Enfin, n’oublions pas les quartiers dans des pays du tiers-monde qui, au regard de la densité et du développement spontané qu’ils génèrent, ne permettent pas un système d’adresse traditionnel : ville, rue, numéro.

 

Même si je ne m’imagine pas que nos rues perdront leurs noms, je m’attends à ce qu’un système de ce type envahisse les GPS dans quelques années grâce à la reconnaissance vocale qui facilitera encore plus l’usage. On ne pourra plus se perdre… à 3m près.

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Source de la première note : Quartz