Tous les articles par numericlandscape

Influenceur en technologies urbaines Architect and Urban planner 2.0 Teacher at the University of Mons (BE), Faculty of Architecture and Urban planning and Faculty of Engeneers. Lecturer at the University of Valenciennes (FR) Owner of ARCHIMADE Studio

TRANSHUMANISM : The first next step to augmented human

knops-volume-buttons-for-your-ears-6-1

Le concept de transhumanisme fait son petit bonhomme de chemin dans l’esprit des gens. Toutefois, ce concept reste quelque peu obscur et, souvent, lorsqu’on demande aux personnes ce qu’elles s’imaginent pour matérialiser cette idée, on imagine des Hommes semi-robots… alors que nous sommes déjà tous un peu transhumains pour des raisons médicales : nouvelle hanche, disque dorsal, implants acoustiques, etc. tous ces appareils ou systèmes médicaux sont des éléments constitutifs du transhumanisme. Il nous reste toutefois une étape à franchir : des systèmes utiles à tous et que l’Homme est capable de maitriser, moduler à sa convenance.

L’arrivée de Knops, un projet amstellodamois de Crowdfouding sur Kickstrater est peut-être le chainon manquant ! En effet, c’est la première fois que je vois un système quasi permanent et discret qui peut accompagner le quotidien des gens sans pour autant être utile pour compenser une défaillance physique. Ce truc ne sert à rien, mais il peut être utile. En cela, l’Homme devient vraiment augmenté puisqu’il est plus « fort » avec cette technologie que sans.

Le processus est extrêmement élaboré et concentre une technologie de contre-onde qui ne pourrait exister dans un système aussi petit sans l’apport d’un processus et d’algorithmes hyper performants (cfr. la Start Up Celestial Tribe Ltd). Des algorithmes qui font la différence entre des sons acceptés et d’autres, refusés par l’auditeur (conversations, bruits de danger, etc.).

À titre personnel, j’avoue que de temps à autre, j’aimerais appliquer cette technologie pour entendre moins de bêtises, mais, d’autre part, la création d’une bulle sonore de ce type remet en cause l’ensemble de l’apprentissage de l’être humain dans sa capacité à juger des dangers environnants, les rend moins instinctifs et, par conséquent, plus dépendants de la technologie. Je ne suis pas certain que cela soit réjouissant pour l’avenir de l’Homme.

Je vous laisse juge…

PS : cette vidéo est très machiste 😉

Source : Clés de demain, le Monde-IBM

UNE OEUVRE D’ART REALISEE PAR UNE IA? Quid des droits d’auteurs?

Une vraie belle question que celle-ci et qui est posée dans cet article que je transfère avec intérêt.

Artificial intelligence is already capable of creating a staggering array of content. It can paint, write music, and put together a musical. It can write movies, angsty poems, and truly awful stand-up comedy. But does it have ownership over what it produces? For example, an AI at Google has managed to create sounds that humans…

via If an AI creates a work of art, who owns the rights to it? — Quartz

JUNGLE BUS

66da760_29760-5i8kex.yb9mfb6gvi

Qué ca quo? Une application dérivée des usages de la communauté OSM (Open Street Map) et qui va vous permettre, quel que soit l’endroit dans le monde (c’est l’ambition et avec le numérique, tout est possible !), vous puissiez trouver le plan de transport public sur une carte précise. OSM est une communauté de 1.700.000 de géographes professionnels ou en herbes qui développent inlassablement la cartographie dans le monde sur base d’un projet collaboratif auto-vérifié.

L’application Jungle Bus (Android uniquement) offre la même opportunité de développement qui s’inscrit dans cette démarche des générations Millenials prêtes à offrir leur travail pour rien, mais pour autant qu’ils puissent également profiter du produit fini qui est ici à une échelle mondiale. Il semble qu’une communauté de 20 personnes peut couvrir une grande ville sur 3 mois.

1ecf594_29780-1p9dwv5.gd0hs0dx6r

En tout état de cause, le travail est titanesque puisque 6 villes sur 10. Le projet s’inspire de l’initiative Open Source de Managua où un projet similaire a été lancé par l’un des fondateurs du projet et, finalement, fut imprimé en 40.000 exemplaires. Le principe est simple : avec l’application, lorsque vous êtes sur un arrêt de transport public, vous pouvez cliquer dans l’application pour définir l’arrêt. Ensuite, les données sont agrégées sur OSM.

Le projet se veut, avant tout, un nouveau service au public et comme une « alternative à la logique propriétaire de Moovit, Citymapper et Google » explique Flovian LAINEZ, ancien salarié de la SNCF (Chemins de fers français).

Si les concepteurs du projet le dédicacent essentiellement pour les pays en voie de développement comme l’Amérique du Sud et l’Afrique, il n’en demeure pas moins intéressant également pour les villes du nord dont l’alternative à la voiture devient une nécessité.

sources :

LE MONDE | 26.04.2017 |Une appli (vraiment) collaborative pour partager ses données de transport, Par Claire Legros

WE DEMAIN |10.07.2017 |6 villes sur 10 n’ont pas de plan de transports : voici la carte mondiale des lignes de bus |Par

 

 

WITH THE CLIMATE CHANGE OPPOSITION, TRUMP WILL REINFORCE THE DIFFERENCE BETWEEN URBAN INHABITANTS AND COUNTRY INWONERS.

5e32dce02247ee735a0d4ff1e9b1fe30
WTC, NY, june 207. Protest in green, source : yahoo.com

Voilà, c’est fait, le nouveau président des États-Unis a appliqué son programme : « Fuck the Planet, America’s first ! Serait-ce si simple ? En partie oui, mais dans l’article suivant, nous allons nuancer les propos et, surtout, démontrer une évolution significative des enjeux entre la campagne et les villes.

Tout d’abord, il nous somme important de recontextualiser la situation américaine et, surtout, ce que les Américains pensent du changement climatique. Les cartes publiées par le NY Times nous montrent un pays pleinement conscient des risques et des enjeux du changement climatique. Ces données, réputées sérieuses (source : Yale Program on Climate Change Communication) nous montre une Amérique divisée : d’une par les Américains ne sont pas climatosceptiques, d’autre part, ils considèrent que l’impact du changement climatique ne les toucheront pas ou peu. Sur ce dernier point, la nuance est également de taille : ce sont essentiellement les habitants des plaines (Middle West jusqu’aux montagnes Rocheuses) qui ne se sentent pas concernés au contraire des zones côtières… qui regroupent également la plus forte concentration de population.

US Population Density
densité de population aux E-U, source : inconnue.

Y aurait-il donc une corrélation entre la faible densité des populations et le rejet des causes climatiques humaines ? Sommes toute, ce n’est pas si absurde que cela, car en règle générale, les habitants des villes consomment plus (énergies, espace, déplacements, etc.) que les ruraux. Par ailleurs, pouvons-nous corréler cela à d’autres pays ? En Europe, et plus singulièrement en France, il fut très longtemps question de la diagonale du vide, rejoignant les Pyrénées aux Ardennes et décrivant cette diagonale comme étant un espace de désertification et corrélé dans les actes de votes plus orientés vers l’extrême droite que dans les villes. Une analyse qui a diamétralement évolué entre les élections régionales de 2010 et l’élection présidentielle de 2017. En effet, la diagonale s’est transformée en « effet de frontière » : l’ensemble des territoires à 200 km d’une frontière a voté massivement pour le parti extrémiste français… qui n’a pas de programme écologique. La France se divise donc en 2 mais l’analyse détaillée des communes montre que les urbains, même pour des petites municipalités comme Maubeuge, sont contre les extrêmes alors que les ruraux sont plus marqués vers la droite extrême.

b_1_q_0_p_0

b_1_q_0_p_3
progression du FN aux différentes élections françaises, 2017, source : France Info.

Alors, revenons à nos Américains !

La contre réaction immédiate des villes contre la décision de Trump nous semble assez significative et portée par le maire de Pittsburgh, Bill PEDUTO (démocrate) et qui précise : « C’est maintenant aux villes de prendre les rênes ». Au-delà du jeu politique où d’une part, les responsables politiques savent qu’ils peuvent attaquer le président Trump sans grand risque électoral (puisque la grande majorité des Américains sont pour des actions pour ralentir le changement climatique cfr supra) et d’autre part, Trump brosse dans le sens du poil sa base électorale populaire et conservatrice.

Toutefois, l’enjeu me semble se trouver ailleurs dans une dichotomie de plus en plus marquée entre le monde urbain, connecté, instruit, ouvert et le monde rural plus conservateur, moins connecté, etc. Cette différence est de plus en plus marquante et est renforcée par le développement des technologies numériques qui, par définition, ne peuvent couvrir l’ensemble des territoires et crée donc de nombreuses nouvelles inégalités. Une situation qui développe des différentiels territoriaux majeurs qui seront demain la source de conflits digne du moyen-âge, entre les villes sécurisées et les campagnes dangereuses. Un moyen-âge décrit par Alain Minc (le nouveau moyen-âge, Gallimard, Paris, 1994) et qui précise la réémergence communautariste lié aux phénomènes conjugués de l’urbain et des technologiques.

Le paradoxe, c’est que pour améliorer l’efficience énergétique de ces villes et territoires, les outils numériques sont une condition nécessaire et obligatoire. Or, les habitants des campagnes n’ont que difficilement accès à ces technologies dues à un mauvais accès à l’information et la faiblesse des réseaux : le Big Data sauveur des villes écologiques en mutation ne passera pas chez eux. Ils sont donc deux fois laissés pour compte. Un ressenti qui transparait dans l’interview de CNN (Female coal miners react to Trump’s decision on climate deal, Khusbu Shah et Martin Savidge, @CNNMoney) datant du 1er juin 2017 et relatant le point de vue de 4 femmes issues et travaillant dans le monde des mines. Si elles reconnaissent que le changement climatique est un fait et qu’il faut agir pour l’avenir, elles sont beaucoup moins enclines à trouver des solutions équilibrées pour y arriver : « I am not a climate change denier. I do believe we certainly have an impact. But I think we can lessen that in a responsible way that doesn’t… put entire groups of people out of work, ». Mieux, elles sont convaincues qu’elles vont devoir changer de job et que ce sera plus durable pour elles, toutefois, elles ne peuvent se résoudre à blâmer Trump… et plus elles sont jeunes, plus elles le supportent. Les mêmes jeunes générations hyperconnectées… sauf dans les milieux ruraux du fond du Wyoming.

mur-mexique-etats-unis-donald-trump-9d3ed1-0@1x
The Wall… Source : http://www.lci.fr/international/mur-entre-le-mexique-et-les-etats-unis-pourquoi-cela-pourrait-coincer-pour-donald-trump-2023635.html

Pour conclure, il nous semble important de relativiser les enjeux climatiques de la décision de Trump à sortir de la COP21. En effet, les É.-U. restent un territoire d’innovation et la capacité au changement des Américains est bien plus grande que celle des Européens. Ils feront en 10ce que nous mettons à faire en 25 ans. En outre, l’économie durable devient un enjeu à part entière et reconnut par tous pour contrebalancer l’économie « on line ». Néanmoins, cette décision et, surtout les réactions qui ont suivi, montrent que l’enjeu est tant social que territorial face aux villes qui deviennent de plus en plus puissantes et laisseront de plus en plus de ruraux sur le carreau. Dans un monde où l’information circule en temps réel, cela ouvre des perspectives d’insurrection incompatibles avec les enjeux des économies courtes, circulaires et locales. Or, sans cela, les villes ne seront pas durables et ce n’est pas les serres urbaines, fortes consommatrices d’espace et d’énergie, qui régleront le problème.

En substance, devrons-nous reconstruire des murs ?