Archives pour la catégorie Social

IN:SIGHT / BEING HUMAN… FOR EVER

In:Sight est une vidéo de l’école ArtFx, formant des étudiants en jeux vidéos. Cette vidéo, issue d’un de leurs travaux est fortement inspiré de Blade Runner (encore!). Il m’inspire la réflexion suivante : quelque que soit l’évolution humaine avec la robotique et le transhumanisme, l’homme se créera toujours des problèmes pour faire vivre son libre arbitre. Tant mieux… en attendant, regardez, c’est beau.

Et technologiquement, les graphisme en réalité augmentées seront de notre quotidien dans 10 ans. les HoloLens de Microsoft en sont déjà la preuve bien qu’on n’en soit qu’aux balbutiements.

I(T)-Wearables

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Si vous aimez les Tattoos, cela pourrait vous intéresser : depuis quelques années, de nombreuses propositions d’implantations de puces sous-cutanées ou tout autre type d’implants numériques ont fait leurs apparitions dans le monde du corps et du numérique.

A la base, et comme souvent pour les technologies d’interface personne-machine, les besoins se sont fait ressentir pour répondre à des problématiques médicales. L’exemple le plus connu de tous est très certainement ces personnes aveugles qui retrouvent une partie de leurs sens (images en noir et blanc p.e.).

Mais ici, nous allons parler d’éléments simplifiés et qui me pose question à divers niveaux d’analyse sociotechnologique alors que le débat sur les implantations de puces dans le cadre des technologies RFID pose déjà questions :

  • Tout d’abord, il faut bien reconnaitre que faire entrer les puces informatiques dans le design de la peau sous la forme d’un Tatoo d’encre est une transgression sociologique majeure. Jusqu’à ce jour, le tatouage avait pour objet de « marquer » la peau sous la forme d’une revendication personnelle ou encore une forme d’appartenance à un groupe sociologique précis.
  • Que dire alors de ces personnes qui accepteront de se faire tatouer pour leur permettre de contrôler leur pression artérielle ou encore, leur pouls ? seront-elles inscrites dans un « marquage social » prouvant leur acceptation d’un monde technologique sans fin ?
  • A contrario, l’ensemble des choix attribués à une démarche libre de se faire tatouer peut-elle encore avoir une valeur dans la société si on peut/on doit, se faire tatouer parce qu’on est diabétique ?

Ces questions méritent d’être posées dans un monde en pleine mutation et à une échelle dont l’humaine ne distingue pas encore les limites : le tatouage est aussi vieux que l’homme, mais aujourd’hui il prend un tout autre sens. La source sur laquelle se base mon article le précise clairement : « demain, dans le cadre d’autres usages vous pourriez par exemple tatouer votre enfant qui part se balader en classe verte ». La question est : « Comme un chien ? »

 

Source : weburbanist.com

SEOUL SKY GARDEN : THINKING THE FUTURE OF PUBLIC SPACE INTO URBAN AREA

source : MVRDV
source : MVRDV

Le nouveau projet de MVRDV que l’on appelle Sky Garden à Séoul nous offre une réflexion émergente depuis quelques années sur la nécessité de se réapproprier les espaces délaissés, mais plus encore, la question de la récupération des espaces appelés « tiers lieux » que je traite depuis de nombreuses années sur ce blog.

Ces troisièmes lieux ne sont ni des rues, ni des places, n’ont pas d’identité singulière qui en font des lieux de rencontre… et pourtant ils deviennent ces nouveaux lieux hybrides entre les délaissés d’infrastructures et la nécessité de se réapproprier des lieux laissés à l’abandon à proximité des de ces espaces.

Si la promenade des chemins de fer de l’Est reliant l’Opéra-Bastille au périphérique parisien avait ouvert le bal de manière un peu involontaire au début des années 90, depuis, la High Line de New York a rendu ce concept à la mode.

C’est pourtant depuis de nombreuses années et grâce à l’avènement des nouvelles technologies qui permettent de s’approprier tous les espaces de la ville et sans exception, grâce au GPS et autres systèmes de géolocalisation fournie par le smartphone, que ce type d’espace à retrouvé vie.

Ils font partie de cette nouvelle démarche urbaine incluant les phénomènes de travail en coworking, Airbnb (votre maison se trouve au milieu de nulle part, mais vous pouvez la louer, car tout le monde peut la trouver facilement), auto partage,…

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Le travail des architectes néerlandais n’est donc que l’expression d’un phénomène qui va s’amplifier d’année en année sur la notion durable de recyclage à l’échelle de la ville elle-même.

Le projet est un viaduc de plus de 900m reliant l’un des districts de la capitale (Huam-dong) vers la périphérie ( Gongdeok dong) et traversant la gare Centrale de Séoul. À l’échelle métropolitaine, la rupture du chemin de fer a pour effet de couper un maillage naturel entre deux des nombreuses collines formant le paysage de la capitale. Ce projet doit donc être réfléchi non pas comme un objet en soi, mais bien commun lien futur constituant le maillage vert de la ville.

À l’échelle même de l’infrastructure, il est intéressant de voir comment les architectes assument les contraintes d’un viaduc routier devenant parc. De manière beaucoup plus brutale que pour la High Line dont certains aspects offrent une forme de « romantisme industriel », ici des architectes assument pleinement que le tablier ne devienne pas un tapis vert sur le casino de bonnes intentions. À mon sens, cela donne d’autant plus de force au projet qui le rend encore plus urbain. Et en cela, le projet s’inscrit bien dans cette nouvelle approche de réappropriation des espaces publics par les citoyens et de manière spontanée.

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Les quelques images de synthèse pourraient nous faire penser à une sorte de Blade Runner verdurisé, ayant perdu la noirceur de Harrison Ford. C’est probablement en cela ce projet nous indique une des voies du futur tout comme celle du projet de Liverpool (Flyover Bridge) que je vous avais fait découvrir dans le cadre d’un autre post et qui se développe à partir des intentions des habitants eux-mêmes et allons à l’encontre de la volonté politique. Ces projets sont des ponts et assumés comme tels.

Peut-être est-ce en cela une mutation urbaine majeure sur la conception même des espaces et de leur définition pour les années à venir.

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PS : À y regarder de plus près, on se demande pourquoi on est en train de démolir le viaduc du boulevard Reyers à Bruxelles, alors que celui-ci pourrait offrir un belvédère public original vers les nouvelles infrastructures des télévisions belges qui seront construites à côté. Probablement un coup manqué !

Plus d’informations : vers le site de MVRDV

Articles complémentaires :

YOU WERE A LAB RAT FOR A BEHAVIOUR EXPERIMENT

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Chers lecteurs,

Si vous avez un compte Facebook, cela pourrait vous intéresser. Si vous avez changé votre photo de profil pour porter les couleurs LGBT, alors vous devez lire cet article.

En effet, après le jugement de la Cour suprême des Etats-Unis sur l’égalité des mariages de différents sexes, un Tsunami de post et réactions de la communauté ouverte à ces questions a déferlé sur le net. Plus particulièrement, nous avons vu fleurir les changements de photos de profil des utilisateurs de FB, arborés des couleurs de l’arc-en-ciel.

En fait, Facebook a proposé une mini application (Celebrate Pride) vous permettant de modifier votre image de profil pour la rendre plus engagée. Jusque-là, rien de bien extraordinaire et ce fut même plutôt sympathique.

Là où cela devient plus particulier, c’est que selon certaines sources comme The Atlantic, l’un des média alternatif du net au Etats-Unis qui est le plus libertarien, cette application fait plus largement l’objet d’une expérience de profilage psychologique des utilisateurs FB.

« Experts say that by setting up the tool, Facebook was able to get an unprecedented insight on how to influence their users » (Am, Conservativ Post, 2015)

Globalement, les chiffres actuels montrent une utilisation de cette application pour plusieurs millions de profils, ce qui en fait un échantillonnage en fait très faible mais non négligeable.

L’objet de l’expérience semble être une analyse comportementale sur l’engagement des personnes d’une part, mais surtout celui d’un engagement à loin terme ou pas face à cet engagement. Autrement dit, combien de temps allez-vous garder votre photo bariolée de couleurs ?

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Ce n’est pas nouveau, d’autres études ont déjà été menées par FB sur le comportement de leurs utilisateurs et c’est assez logique pour une entreprise qui doit comprendre le comportement de ses consommateurs. La question est plutôt ici le fait que sous le couvert d’un engagement politique, FB utilise cet engagement pour vérifier le comportement de chacun et plus particulièrement le temps qu’il va mettre pour changer sa photo de profil (ou pas). Au niveau marketing, c’est important puisque cette approche peut avoir comme conséquence de cibler au mieux les profils d’engagements complexes, passifs, normaux,… et surtout leurs influences puisqu’il a été prouvé que certains profils avaient engagé d’autant plus d’  « amis ».

Vous voilà donc prévenu la prochaine fois…

Plus d’infos sur ce sujet :

A 61-million-person experiment in social influence and political mobilization

Even the Editor of Facebook’s Mood Study Thought It Was Creepy

Did YOU change your Facebook picture to a rainbow flag? Critics claim ‘Celebrate Pride’ tool may be another psychological test

URBAN CLIMATE RESILIENCE AND TRANSFORMATION OF CITIES

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Chers lecteurs, loin de moi l’intention de racoler encore une fois sur les questions évidentes du développe durable et de son impact sur les questions urbaines. Non, ici j’ai surtout envie de vous faire part d’un rapport anglais qui parut en 2014 et qui me semblait être une synthèse intéressante est particulièrement compréhensible des enjeux d’aujourd’hui pour demain.

Rappelons tout d’abord que le dernier rapport par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) souligner à nouveau le rôle fondamental des villes qui produisent 80 % des émissions de gaz à effet de serre et consomment trois quarts de notre énergie mondiale. Si l’on compare cela à la couverture territoriale réelle des villes par rapport au reste du monde… cela laisse songeur.

Toutefois dans notre métier, même épris des meilleures intentions du monde et forts d’une ambition pédagogique de ceux qui ont compris la situation de survie de ce monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, nous ne pouvons que constater l’incapacité de nos dirigeants politiques et de l’économie à accepter l’investissement pour ces changements. Mais peut-on vouloir aux responsables politiques qui se démènent tant bien que mal à faire des économies immédiates pour faire plaisir à leurs créanciers? Là est donc la quadrature du cercle : celle qui veut qu’une économie innovante investisse pour les enjeux de demain afin de pérenniser son rendement, mais est incapable de le faire face à Doxa du profit immédiat.

Dans mon métier d’urbaniste, je me suis donc retrouvé de nombreuses fois face aux gouvernants approuvant nos propositions urbaines sans pour autant avoir la capacité de les appliquer… suivant de grands moments de solitude où l’on peut parfois avoir l’impression de travailler dans le néant.

Et pourtant l’enjeu fondamental comme le dit Tim Dixon, de l’université de Reading au Royaume-Uni : « dans un sens, ils sont les criminels du carbone de ce monde, mais nous fournissent également de très belles opportunités », parlant des villes.

Elles sont donc la meilleure et la pire des choses qui soient arrivées à la terre et aux hommes. Mais comme dans les lois de la thermodynamique, rien ne se perd et tout se transforme. La ville doit donc se transformer et je vous propose la lecture du rapport RETROFIT 2050 : Critical Challenges for Urban Transitions.

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En substance, ce rapport appliqué particulièrement la région de Cardiff et s’inspirant des options développées par la ville de Vancouver qui reste à ce jour référence mondiale, synthétise et illustre de manière remarquable les grands enjeux de la résidence urbaine nécessaire à sa survie.

Le premier enjeu consiste à définir les facteurs critiques qui détermineront le succès de la transition :

  • le premier consiste dans la création d’un programme de rénovation urbaine inclusive intégrant tous les acteurs de la ville, tant politique économique. Cet enjeu pourrait être résumé de manière assez simple en précisant qu’il faut reconstruire la ville sur la ville. Nous précisons que l’un des éléments structurants de ce premier enjeu est l’élaboration d’un planning permettant de faire un suivi détaillé des actions et surtout, de leurs réalisations.

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  • Le deuxième consiste à avoir une vision de sa ville : sans projet urbain global, il n’y a pas de vision claire de l’endroit on veut aller et donc quand on ne sait pas où on veut aller… on n’y va pas ! À l’échelle Cardiff, trois éléments structurants déterminent cette vision urbaine : une ville connectée, une ville compacte, une ville collaborative.
  • Le troisième enjeu se définit comme étant des outils de mise en œuvre permettant de faire le contrôle des actions qui sont menées. Ce troisième point me paraît particulièrement intéressant dans un cadre de développement la résidence urbaine. En effet ce sujet relativement neuf et nous nous trouvons dans une période particulièrement difficile à cerner, car en pleine mutation (numérique, mobilité…). Moins de vouloir en faire une méthode de type « universitaire », ce qu’il faut comprendre par la démarche des chercheurs de l’université de Cardiff c’est que lorsque l’on se trouve dans une situation nouvelle et pour laquelle nous proposons des solutions alternatives aux habitudes, il faut absolument créer des indicateurs permettant de ne pas poursuivre ses idées alternatives lorsqu’elles sont improductives ou renforcer ses idées et encore les améliorer lorsqu’elles offrent une véritable potentialité nouvelle à la ville et aux décideurs. En cela, la question de la méthodologie est fondamentale aujourd’hui dans la question d’urbanisme stratégique eu égard aux enjeux colossaux pour lesquels les villes font face.

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  • Le quatrième point complète le précédent en précisant que l’ensemble de ces outils n’a de sens que si l’on développe parallèlement une gouvernance forte. Le terme « gouvernance » n’est pas utilisé de manière innocente. Il fait part de la question ambiguë entre le développement d’une démocratie participative et la nécessaire prise de décision politique dans un contexte où les décisions ne peuvent faire plaisir à tout le monde.
  • Le cinquième point démontre la nécessité du développement d’une économie circulaire à l’échelle urbaine. Il s’intitule « donner accès à un financement vert ». Cette démarche signifie la nécessité probable de revenir vers dépend beaucoup plus locale est beaucoup plus ancrée aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux liés aux épicentres urbains. Certes, les financements seront certainement encore d’échelle mondiale, mais leur application devient nécessairement de plus en plus locale, car une solution pour une ville n’est pas la même pour une autre.
  • Le sixième élément parle des partenariats public-privé (PPP). Sujet qui est actuellement fortement polémique en France et qui n’a pas nécessairement eu de grands développements en Belgique. Notons au passage que le dernier PPP en date pour la Wallonie et le feu tramway de Liège pour laquelle la connaît européenne à bloquer le financement via ce système. Il est toutefois intéressant de synthétiser l’objet de cet élément développé par les chercheurs anglais sur la question de la temporalité de la planification et la capacité des pouvoirs publics à pouvoir accompagner ces temporalités dans un délai très court. En ce sens, on peut se poser la question du développement de partenariat entre le public et le privé dans le cadre des outils de planification et permettant sous condition de répondre aux enjeux environnementaux par les développeurs privés, la création de systèmes de délivrance de permis beaucoup plus rapide et avec la garantie de réalisation.
  • Le septième élément est particulièrement complexe à mettre en œuvre néanmoins le courage d’être énoncé dans ce rapport : il concerne la gestion du risque des bénéfices sur le long terme et avec la question sous-jacente de l’incompatibilité de l’économie de profit à court terme et des choix urbains coûteux nécessaires à la pérennisation de ses infrastructures qui permettront à long terme la continuité des bénéfices des opérateurs immobiliers.
  • Le huitième et dernier élément nous parle de la problématique systémique et de la nécessité du débat, du contrôle et de la prise de conscience par les habitants des enjeux de ces projets devant permettre l’augmentation de la capacité résiliente de leur ville.

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En synthèse, je préciserai si cette étude n’est pas innovante dans les thématiques développe elle a l’avantage de démontrer de manière particulièrement claire l’interrelation qu’il y a entre différents facteurs qui constituent le développement urbain. Elle ne fait que rappeler qu’une ville sans projet territorial est vouée à sa propre mort dans un monde dans lequel elle ne devra seulement pas se battre contre des agresseurs extérieurs (économiques), mais également par rapport à ses propres faiblesses et dont, paradoxalement, les habitants sont la première cause. Et dans ce contexte, la population ne peut changer les habitudes que ciel à une vision claire de l’endroit où les responsables politiques veulent les y mener.

Source : www.retrofit2050.org.uk

télécharger le rapport de synthèse :ici

via : Les villes sur la ligne de front du changement climatique, Paul Rincon, www.bbc.co.uk, avril 2014