Re-Blog : Le jour où la dernière voiture thermique a été vendue en France

Temps de lecture : 3 minutes
mots-clés : Énergies, transition énergétique, voitures, thermique, électrique

Chers lecteurs,

Voici un petit texte de Ludovic Dupin,  directeur de la rédaction de Novethic et de l’Essentiel de la Finance durable. Pour précision, Novéthic est un média en ligne qui travaille sur la complémentarité entre l’économie et le développement durable et très orienté « numérique », tentant de démontrer que l’un n’est pas nécessairement antinomique avec l’autre.

Le texte (publié le 21 juillet 2021)

Ce 31 décembre 2029, la Présidente de la République se tient aux côtés du patron de Renault à Flins dans les Yvelines. Des chaines d’assemblage de l’immense usine, sort une Clio 6 1.4 essence flambant neuve. Symboliquement, la cheffe de l’État signe le contrat d’achat de ce beau modèle bleu métallisé. Elle brandit les clés en souriant devant les caméras des grands médias. L’État vient de se porter acquéreur de la dernière voiture thermique vendue en France.

La cheffe de l’État vient d’accomplir l’une de ses plus belles promesses de campagne. Peu de temps avant l’élection de 2027, elle avait promis qu’à partir de 2030, plus aucune voiture thermique ou hybride ne serait vendue en France. Soit avec 10 ans d’avance par rapport aux engagements français initiaux et avec cinq ans d’avance sur les pays européens les plus ambitieux. Personne n’avait cru cela possible en moins de deux ans. D’autant plus que, dès le processus engagé, plusieurs usines françaises se sont mises en grève. Les ouvriers de ses sites argüaient qu’ils allaient perdre leur emploi.

Colère dans les usines

À juste titre, cette décision politique devait effectivement créer environ 80 000 postes pour des sites de production de batteries, en électrotechnique, en matière de logiciels embarqués, etc. Mais près de 100 000 salariés spécialistes de la propulsion thermique risquaient de se retrouver le bec dans l’eau. La colère a flambé et quelques voitures toutes neuves, à peine sorties d’usine, ont été incendiées sur le parking des grands fabricants et même parfois près de l’Élysée. Ces salariés et leurs syndicats n’étaient pas contre la transition assuraient-ils, mais il fallait qu’elle soit juste.

L’État et les régions ont donc organisé une grande bourse nationale des emplois industriels. Dans l’énergie, l’industrie lourde, l’aéronautique, on recherchait justement des spécialistes de la thermodynamique, des soudeurs, des mécaniciens. Près de 50 % des ouvriers de l’automobile ont été reclassés grâce à un vaste programme de formation, un quart a été mis en préretraite et le reste s’est retrouvé sans emploi. La Présidente allait devoir « en porter le poids social lors de l’élection de 2032 », prévenaient les syndicats. Mais en ce jour du 31 décembre, elle ne s’en préoccupait pas encore, elle venait de faire entrer la France de plain-pied dans le véhicule électrique.

Audi E-Tron GT, valeur catalogue + de 100.000 euros.

Réflexions

Ce qui m’inspire ce texte est de deux ordres :

  • D’une part, la démonstration de la complexité du changement, même si celui-ci est nécessaire. Et actuellement, le crash social me semble inévitable.
  • D’autre part, actuellement nous remarquons que de nombreuses dates lointaines de « changement » s’égrènent : 2050 pour la neutralité carbone, 2035 pour les voitures thermiques, etc. je pense très sincèrement que tant que ces dates sont lointaines, ce n’est pas « réel » et récréer le phénomène, tant adoré ici, de la grenouille dans la casserole en train de bouillir.

Enfin, je pense que dans son texte il manque un paramètre important : le nombre de voitures électriques ne sera pas le même que le nombre de voitures thermiques, car elles seront beaucoup plus chères.

Merci de votre lecture, à la semaine prochaine.

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, Data Scientist. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.

1 commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s