LE CHEMIN DE FER BELGE EN 1937 : ANALYSE TEMPORELLE DE LA DISTRIBUTION DES AIRES DE MONS ET CHARLEROI, DU TRAIN AU TRAM

Temps de lecture : 1 minute + balade sur la map
mots-clés : trains, Belgique, lignes, 1937, station, railtrack, lines, goole maps, data

Chers lecteurs,

Extrait de la liaison Jurbise – Mons- valenciennes- Cambrai

Voici un post qui sera ludique et instructif. En effet, souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous proposais la lecture d’une carte des chemins de fer en Europe vous permettant de visualiser les lignes actuelles et les gares accessibles à moins de 5 heures de train. J’en tirais la conclusion belge que nous n’étions pas les mieux lotis et que la Gare de Mons était mieux positionnée pour le développement international que Charleroi (bloquée au sud) : Petit test : quelle ville est distribuée par votre gare ? 1er juin 2022.

Aujourd’hui nous allons regarder dans le passé. Grâce à ce travail remarquable de Railstation.be site passionné d’archivage des documents sur le chemin de fer belge.

La carte est extraordinaire à plus d’un titre, quelques extraits et analyses en lien avec les enjeux d’aujourd’hui :

Le maillage entre Mons et Charleroi est instructif à plus d’un titre avec des liaisons triangulaires effectives entre Mons-Charleroi et Maubeuge (lignes 96A, 112 et 130 A), sans oublier la ligne Bruxelles-Mons-Quiévrain-Valenciennes-Amiens (97) ou encore la ligne assez atypique faisant Jurbise-Saint Ghislain-Dour-Roisin-Cambrai (90A).

maillage ferré en 1937 entre Charleroi et Mons

Une autre ligne perdue serait bien utile aujourd’hui pour pallier aux enjeux actuels de réduction du trafic routier avec un transfert modal vers les transports en commun. C’est la ligne 108 reliant Braine-le-Comte, Ecaussinnes, Haine-saint-Pierre (aujourd’hui La Louvière Sud), Erquelinnes (passant par Binche). Cette ligne existe encore partiellement (terminus à Binche, mais avec une déviation du réseau… rendant la ligne moins efficace en temps.

La ligne 108 entre Braine-le-Comte et Erquelinnes
… et sa transformation partielle.

Mais globalement, on constate que Mons offrait une véritable perméabilité et une continuité ferrée au travers du Hainaut historique et plat.

Analyse de Charleroi plus détaillée

Outre la réduction de la perméabilité des lignes belges vers la France (du côté hennuyer), on remarquera aussi que c’est la région de Charleroi qui a perdu le plus de connexions.

Disparition ou réduction des lignes :

  • 112 : Charleroi- Manage/Manage-Piéton/Piéton-Roux aujourd’hui transformée en S62 (boucle Charleroi-La Louvière)
  • 119 : Charleroi-Châtelineau-Châtelet-Jumet-Luttre et par extension Châtelineau-Châtelet-Jumet Brûlotte (aujourd’hui le Ravel de la Houillère) située entre les lignes actuelles de124 et 139 et distribuant du nord au sud l’ouest de l’agglomération carolorégienne
  • 121 : Piéton-Jumet-Lambusart : disparue
  • 124 : Bruxelles – Luttre – Charleroi avec un temps de parcours dégradé
  • 139 : Louvain-Ottignies-Fleurus-Charleroi : maintenu
  • 130 : Charleroi – Tamines – Namur
  • 130A : Charleroi-Maubeuge : en sursis
  • 131 : Châtelineau – Fleurus – Baulers (Nivelles) : disparue
  • 132 : Charleroi- Walcourt-Mariembourg-Vireux (France près de Givet) : en sursis
  • 138 : Châtelineau – Florennes – Givet : disparue

Si nous analysons de plus près la cartographie des lignes au sein de l’agglomération carolorégienne, on constate que ces lignes devaient être remplacées par l’étoile du métro léger de Charleroi et qui n’a malheureusement jamais été mené à bien. Par comparaison, nous proposons ci-après une carte reprenant les stations de train et entourées lorsqu’elles ont été remplacées par une station de métro ou conservées.

La distribution du territoire démontre ainsi qu’aujourd’hui une grande complication des déplacements des personnes pour cette ville avec un maillage des bus aussi complexe et donc peu efficace. À ces moments charnières de transformation profonde de notre mobilité, il faudrait peut-être repenser au développement initial dudit métro au travers de lignes structurantes de BHNS ou de trams ou encore en plaçant sur les lignes de chemin de fer des automotrices, ces mêmes machines qui traversaient nos campagnes et villes jusqu’au début des années 1980 ?

En d’autres termes, on a réduit drastiquement l’offre d’arrêts, devant être compensé par un réseau de métro… qui n’a jamais été abouti. À méditer.
lien vers la carte interactive : ici

Merci de cette lecture.

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, data Scientist. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.

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