AVEZ-VOUS DÉJÀ RÉFLÉCHI AU BILAN CARBONE DE VOS RÉUNIONS ZOOM ET TEAMS ?

Temps de lecture : 2 minutes
mots-clés : Covid19, pandémie, télétravail, internet, bilan carbone, pollution, Zoom, Teams

Chers lecteurs,

Alors que le mois de la mobilité se termine petit à petit, force est de constater que nous nous déplaçons moins, voir beaucoup moins. L’objet de cet article n’est pas de juger de la pertinence sociale et entrepreneuriale de nos réunions en présentiel ou en distanciel. Cependant, peu d’entre nous s’imaginent que ZOOM pollue… C’est pourtant le travail de Maryam Arbabzabeh, en postdoctorat au MIT Energy Institute, et donc je vous propose de résumer ses conclusions complétées de quelques réflexions contextuelles.

L’idée préconçue serait donc de penser que nous améliorons notre bilan carbone en télétravaillant. Toutefois, cette approche est déjà battue en brèche par l’augmentation de la consommation d’énergie électrique et de chauffage : c’est bien connu, aujourd’hui dans la grande majorité des immeubles de bureaux, l’énergie dépensée est essentiellement pour le refroidissement alors que chez soit… on chauffe. Malheureusement, les bureaux sont des immeubles avec des systèmes complexe, mais efficient qui récupèrent la chaleur et la recyclent dans l’immeuble pour divers usages (eau chaude, ventilation, etc.). C’est un effet de regroupement, l’effet de masse et de seuil, qui permet de rendre ce type de technologie efficiente d’un point de vue énergétique pour de grands complexes alors que les immeubles individuels ne peuvent profiter du même effet.

Toutefois, vous l’opposerez à juste titre que les bureaux nécessitent des localisations parfois loin de chez nous et donc que nous réduisons notre bilan carbone en roulant moins. C’est certainement vrai pour les navetteurs (mais eux devraient réfléchir à prendre un transport en commun), beaucoup moins pour les déplacements au travail de moins de 20 km. De fait, nous ne restons pas immobiles et les trajets complexes (maison-école-travail-sport-courses-…) ne sont pas réduits totalement.

Mais l’étude du MIT va plus loin, ils ont calculé et comparé la consommation de vos vidéos, transferts de gros fichiers, etc. en restant chez vous et les a comparés avec les déplacements en voiture. Il en ressort qu’une réunion Zoom peut émettre entre 150 et 1 kg de CO² (selon les services pour 2,4 kg de CO²/litre d’essence. Un navetteur qui ferait la navette de 60km/jour avec un véhicule consommant 7l/100km produirait 10 kg de CO². Par comparaison, cela représente entre 5 et 10 heures de réunion… selon que vous mettiez en fonctionnement votre caméra ou pas. Précisons également que le refroidissement en eau des serveurs pour votre réunion d’une heure sur Zoom a pour conséquence la consommation de 2 litres (low data et sans caméra) à 10litres (avec Cam et tout le reste !). Pour comparaison, si les serveurs de Google consomment approximativement 3 à 4% de l’électricité mondiale, les réunions en ligne représentent aujourd’hui 1% supplémentaire.

L’étude précise que si le travail à distance se poursuit jusqu’à fin 2021, l’empreinte carbone mondiale pourrait augmenter de 34,3 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre. Pour donner une idée de l’échelle : cette augmentation des émissions nécessiterait une forêt deux fois plus grande que le Portugal pour tout séquestrer complètement. Pendant ce temps, l’empreinte eau associée serait suffisante pour remplir plus de 300 000 piscines olympiques, et l’empreinte au sol serait égale à environ la taille de Los Angeles. Nous sommes donc bien loin d’un impact environnemental réduit avec la pandémie et les nouvelles manières de travailler.

Finalement, l’auteure vous prodigue un conseil pour diminuer votre impact environnemental sur les réunions en ligne : coupez votre caméra. Et c’est là le paradoxe : désirons-nous regarder un écran noir toute la journée ? Encore une fois, en matière d’environnement, les solutions simples ne sont jamais les meilleures.

Et si la balance n’est pas nécessairement favorable au présentiel, à titre personnel, j’ai fait le calcul : si j’ai plus de 4h de réunions conjointes en ligne avec mon université ou mon entreprise, j’ai tout intérêt à me déplacer sur place… avec la chance de voir IRL mes collègues.

Bon début de journée sur ZOOM/Teams, merci de votre lecture…. et pensez-y la prochaine fois que vous commencez une réunion en ligne.

À lire :

KELLEY TRAVERS, Comment réduire l’impact environnemental de votre prochaine réunion virtuelle ? 5 mars 2021, MIT Energy initiative
Renee Obringer, Benjamin Rachunok, Debora Maia-Silva, Maryam Arbabzadeh, Roshanak Nateghi, Kaveh Madani, L’empreinte environnementale négligée de l’utilisation croissante d’Internet, décembre 2020

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, Data Scientist. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.

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