FROM HIGHLINE (NY) TO PRECOLINEAR PARK (TORINO)

Temps de lecture : 3 minutes
mots-clés : Turin, Torinostrtosferica, tramway line, public space, citizenship, governance, university

Chers lecteurs,

Vous connaissez sans nul doute la High Line à New York (High Line phase 2 now open (NY) !, 18 juin 2011), un projet de réhabilitation d’une ligne de chemin de fer industriel et portuaire sous la forme d’un espace de parc urbain surélevé. Ce projet immobilier fut une grande réussite avec la valorisation des friches adjacentes en espaces bâtis et de luxe. La plus-value foncière étant redistribuée dans une fondation à vocation d’entretenir le parc lui-même. Pour rappel, nous sommes aux USA.

Ce projet a fait des envieux et la High Line s’est déclinée dans différents projets (Liverpool, MVRDV en Corée (Seoul Sky Garden : Thinking the future of puplic space into urban area, (6 aout 2015), etc.). Toutefois, ces projets sont toujours des approches institutionnalisées, c’est-à-dire des projets initiés par le public ou le privé avec un succès indéniable, mais sans véritable appropriation par les habitants, sauf à postériori et même si , initialement, la High Line fut un exemple de défense du patrimoine par des associations locales.

Torinostratosferica 

Aujourd’hui nous allons vous proposer une autre évolution de ce type d’occupation de l’espace au travers du projet Precollinear Park installé sur une ligne récemment désaffectée de tram à Turin. Ce projet est un projet participatif lancé par Torinostratosferica (ville de Turin) : Torino, Nostra, Sferica. C’est une agence locale qui se définit comme « Un projet collectif d’imagerie urbaine pour construire une histoire forte en images, qui valorise le potentiel de la ville et son positionnement international. ». Sous ces termes se retrouvent les démarches de villes créatives, longuement relatées sur ce blog ; démarches complétées avec un partenariat de la faculté d’architecture polytechnique de Turin. Concrètement, c’est un laboratoire urbain, alliant théorie, application à la ville et utopies urbaines.

Dans le cas de cette ligne de tram désaffectée, la question est riche de ses réponses :

Que faire de cet espace ? Hier, la réponse aurait été assez simple : des places de parkings ! aujourd’hui, c’est finalement à la fois plus simple et complexe. En effet, un parc est un espace nécessitant de l’entretien tout autant que de la sécurité et de l’appropriation. Il n’est donc pas toujours simple pour une ville de transformer les envies de leurs citoyens et espaces concrets, le financement étant la clé. Néanmoins, la Ville a cruellement besoin de ces espaces verts interstitiels. L’appropriation par la population peut réduire le cout d’entretien par un partage des responsabilités.

Comment occuper cet espace ? La pandémie a fortement accéléré les besoins d’espaces verts en ville (les épidémies ont toujours transformé les villes, quel vaccin pour aujourd’hui ? 19 juin 2020). La réaffectation de la berne centrale fut une opportunité sociale assez rare pour être signalée. La pandémie a démontré également les besoins de résilience rapide ce certaines espaces (du tout à la voiture à l’espace partagé à vélo et piétons aux USA, par exemple). Finalement, c’est le non-aménagement de cet espace qui en a fait sa force.

Comment transformer cet espace ? Les usages ont démontré que la flexibilité était la chose la plus utile afin de renouveler le quotidien des habitants des quartiers traversés et où l’initiative individuelle est émancipatrice. Toutefois se posent également les limites de cet exercice à long terme et la pérennité des actions. On retrouve cette problématique dans de nombreux projets « smart » à Amsterdam ou Barcelone.

Si nous prenons ce séduisant exemple c’est parce que derrière celui-ci de nombreuses questions se posent et les réponses ne sont pas toujours explicites ou univoques. En même temps, on voit de plus en plus apparaitre des demandes d’espace de ce type où d’une part la population est fortement revendicatrice et d’autre part les pouvoirs publics sont très frileux, considérant que l’espace sera une charge supplémentaire pour la collectivité manquant cruellement de ressource.

Toutefois, à cette équation, la proposition turinoise nous intéresse par la forme qu’a prise Torinostratosferica :

  • La structure émane de la ville, toutefois, elle est autonome et supportée par l’université. C’est un gage de liberté par rapport à l’institution communale.
  • Cette institution garantit toutefois à la ville la mise en œuvre de ses objectifs et ambitions : la ville créative (au sens macroéconomique) et attractive.
  • D’autre part, la garantie de liberté de l’institution et sa force de proposition est le garant, pour les citoyens de développer leurs projets sans trop de contraintes institutionnelles.

Finalement, une coopération tripartite : ville, université et citoyen offre un équilibre gage d’engagement de chacune des parties avec ses intérêts propres qui, additionnés deviennent collectifs. Nous pensons qu’il est grand temps que les villes moyennes wallonnes se lancent aussi dans ce type de dynamiques créatrices de résilience en des temps de plus en plus anxiogènes dans le vécu urbain quotidien.

Merci de votre lecture

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, Data Scientist. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.

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