WHAT’S NEXT AFTER COVID-19 FOR (THE) A NEW E-LIFE ?

Temps de lecture : 6 minutes
Mots clés : e-commerce, e-life, changement, accélération, déconfinement

Cela fait quelques jours que je me demande comment nous allons tous sortir de cette crise. Souvent, je vois écrit de-ci de-là des amis ou connaissances désirant ardemment un changement d’orientation de notre économie et notre manière de vivre. Je ne peux qu’abonder dans ce sens, mais mon cerveau reptilien me dit que ce qui va changer ne sera peut-être pas ce qui est espéré ou, à tout le moins, pas dans les processus auxquels on pense.

Prenons le cas du E-quelque chose…

Aujourd’hui, le commerce local et circulaire a le vent en poupe, mais qu’en sera-t-il en phase de post crise ? Certains s’imaginent déjà un débordement des centres commerciaux. Mais certains spécialistes rappellent déjà que la transition numérique a pris un coup d’accélérateur avec le confinement. Pouvons-nous leur donner tort ? Même les plus récalcitrants constatent les bienfaits de certains outils (Teams, ZOOM, Discord, WhatsApp, etc.) pour rester en contact avec leurs familles. L’E-commerce et de services n’est pas en reste : avec la fermeture des restaurants, les plateformes d’E-commerce ont explosé, parfois individuelles, parfois mutualisées comme celle de Charleroi. Parallèlement, le E-travail et le travail à domicile viennent de trouver sa clef d’entrée espérée depuis bien longtemps par de nombreux spécialistes. Les Slack, Teams et consorts sont devenus la règle en ces temps ou les voitures restent au garage. Bien sûr, l’expérience de certains parents sera très négative, entre travail, enfants, maison et couple. Mais l’enjeu n’est pas là, il sera des entreprises qui auront pu tirer parti de cette expérience qui devra être conjuguée dans les années à venir, avec le bilan carbone de chacun. La mobilité devient moins indispensable. Toujours dans les modèles E- , prenons l’exemple de la plateforme Teams de Microsoft pour l’E-learning. En Communauté française, alors que l’ensemble des enseignants avaient un accès gratuit à cette plateforme, une très petite minorité l’utilisait, tous niveaux d’enseignement confondus. La crise a permis un basculement qui fera que le travail à l’école ne sera plus tout à fait le même. De nouveau, ce ne sont pas les end users qui feront le changement, mais certaines politiques d’enseignement à distance, avec des pédagogiques différenciées du présentiel pourront maintenant être implémentés. Pensons entre autres aux travaux pendant les périodes de vacances scolaires pour les étudiants en difficulté. Enfin, la E-consommation, que ce soit sur les plateformes de type Netflix où les achats en ligne comme Amazon ne vont que se renforcer et par la force des choses : entre le plus grand cinéma du monde et le plus grand magasin, confiné et bloqué pour une quantité non négligeable de services ou denrées, le commerce en ligne se porte bien. Pour s’en convaincre, je vous raconte la vie de mon boucher : il offre un service de commandes à domicile. Ce système était surtout utilisé par les particuliers au moment des fêtes de fin d‘année, mais depuis le confinement il a plus de commandes que pendant cette période de fin d’année… à un point tel que son personnel est sur les rotules après 2 semaines et 150 à 200 commandes en moyenne/semaine. Sans doute, un certain nombre de personnes laisseront tomber les commandes dès le déconfinement, mais une partie restera habituée à ce confort.

1re piste : l’E-commerce nécessitant beaucoup de mains-d’œuvre locales va augmenter drastiquement.

Profiter de la vie

C’est la seconde piste soulevée par certains experts. Certes, nous sommes maintenant obligés de nous arrêter quelque temps et ce temps peut être mis à profit pour réfléchir et se poser. C’est ce qu’on a appelé dans les années 2000 le « cocooning ». Toutefois, quel sera réellement ce recentrage alors que la période de confinement a vu, de nouveau les plus récalcitrants, s’engouffrer dans les réseaux sociaux ? Aujourd’hui, même le « voyeur », celui qui regarde les Posts des « amis » sur Facebook se mettent à écrire et les anti-réseaux sociaux se sont, à minima inscrit sur l’un des plus importants (Twitter, Facebook, Instagram, …) pour ne pas mourir complètement idiot. Certes, le cocooning a de belles années devant lui et les chiffres le démontrent : en 2019, 66% des Français reconnaissent préférer passer des moments tranquilles avec leur famille ou leurs amis ou chez eux plutôt que de les voir à l’extérieur (IFOP, 2019). En même temps, l’hyper connexion des personnes sera encore plus importante, dépassant les 85 à 90% des personnes connectées à un outil numérique, quel qu’il soit. (Global web Index, 2018).

2e piste : une dichotomie entre l’hyper connectivité et le retour vers soi et, en quelques sortes, le renforcement de la philosophie libertarienne dans notre quotidien.

Un sursaut collectif ?

Il reste une troisième réflexion que je vous soumets : le sursaut collectif. En 2010, la sociologue américaine Sherry Turkle publiait Seuls ensemble : de plus en plus de technologie, de moins en moins de relations humaines. Dans ce livre rapidement devenu une référence, elle montrait que la diffusion d’internet avait produit un paradoxe : les gens étaient physiquement ensemble, mais virtuellement isolés. Les experts en markéting COMK (2020) font d’ailleurs remarquer qu’ avec la mise en quarantaine de la France entière, c’est le contraire : les gens sont physiquement isolés, mais virtuellement ensemble et de compléter qu’ entre 2014 et 2019, sur une liste de 22 mots, les mots « solidarité » et « fraternité » sont parmi les mots dont le nombre de citations a le plus progressé. Dans le même temps, les mots plus individuels de « plaisir » et de « réussite » ont nettement baissé. D’autres études démontrent le ressenti de perte de sens du collectif et nous pouvons espérer que la période de confinement va développer un retour au sens donné d’ « être ensemble » car le paradoxe veut que nous n’ayons jamais étant connectés, mais seuls, y compris lorsque nous étions ensemble physiquement, mais déconnecté de ce qui fait sens aux relations humaines au travers du langage verbal, mais aussi non verbal à cause d’un cerveau de plus en plus occupé par ses périphériques.

3e piste : IRL (In Real Life) va reprendre son sens premier.

Et quiD de l’écologie ?

Cette discussion est probablement la plus délicate si on l’analyse à l’aulne des nouvelles technologies, ce qui est l’objet de cet article. En effet, aujourd’hui, le développement durable est déjà une réalité, mais se place dans une démarche de plateau, c’est-à-dire qu’on pense déjà en faire assez et donc les efforts supplémentaires sont relativement complexes à mettre en place pour transformer la société vers un meilleur équilibre. Toutefois, les outils numériques dans le cadre des technologies de type 5G et, plus généralement, dans les domaines de la smart City, étaient en pleine expansion partout en Europe. Néanmoins, le sentiment que la crise du COVID-19 est le résultat du néo-libéralisme thatchérien, boosté par les technologies numériques, me laisse à penser que la réticence envers les outils de régulation et d’optimalisation numérique dans le cadre du développement durable risques d’être quelque peu rejetés, du moins, analysé avec circonspection. Pourtant, ces outils sont essentiels dans un monde qui devra être encore plus vertueux demain et dont les technologies peuvent être le moteur d’accélération. Des technologies qui ne sont pas en compétition avec le low Tech, mais bien en complémentarité. L’avenir nous dira de quoi les stratégies écologiques seront faites, ma crainte est que le lien entre écologie et santé ne soit pas suffisamment solide sur l’autel économique et que si les états réinvestissent dans la santé, ce soit au détriment de l’écologie.

4e piste : Une dichotomie entre santé, écologie et technologie alors que la technologie pourrait concilier les deux dans un contexte économique difficile.

États d’âme

En rédigeant ces quelques mots, je me rends compte que le recul est nécessaire pour développer un argumentaire étayé et consistant. Ici nous ne faisons que survoler quelques questions, sans le temps de déployer plus largement les idées. C’est aussi le but d’un blog : transcender les conventions et, en même temps, assumer celles-ci par le statut de l’auteur. Je peux toutefois vous garantir que toute mon expérience dans le domaine du numérique se retrouve dans ces quelques lignes bien que , d’un autre côté, je n’ai aucun master en sciences divinatoires… Là est la limite de l’exercice.

Merci de votre lecture.

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, Data Curator. Spécialiste Smart Cities et données urbaines, Université de Mons, Faculté d’architecture et d’urbanisme

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