Women, Architects/urban designer and Public Transport Stations.

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station de bus à Médélin

 

Cet article s’inspire d’un post de Jana Korn (Next City, 27 mars 2018) relatant la relation entre la question de la sécurité des femmes dans les transports en commun. Une approche rare et à laquelle il me semblait intéressant de m’arrêter. De fait, en tant que conception de transport, j’ai participé à l’implantation de lignes de bus/tram et ainsi également de l’implantation des arrêts en milieu urbain. J’avoue que malheureusement, cette question entre l’espace urbain, les transports et les conséquences sur la sécurisation induite pour les femmes m’a toujours un peu échappé de l’esprit. Jana Korn fait ce constat qu’une femme voyageant, qu’elle marche dans la rue ou utilise les transports en commun fait face à une menace quasi constante de violence sexuelle – harcèlement, agression ou viol. L’apprentissage et le calcul du mouvement #MeToo représentent une opportunité importante pour la société de réfléchir de manière critique sur la manière dont les forces qui régissent les systèmes de transport public perpétuent la peur et la violence sexuelle.

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Elle précise dans son post que dans le monde entier, les villes s’efforcent de rendre leurs systèmes de transport public plus sûrs pour les femmes. Des solutions efficaces ont adopté trois approches différentes, mais interdépendantes : investir dans les infrastructures de transport, faciliter le processus de dépôt d’une plainte et sensibiliser le public.

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Le premier rôle de l’urbaniste est de façonner des réseaux qui permettront de maintenir la ponctualité des horaires. Une contribution dans l’intérêt de tous, mais qui est souvent galvaudée par des contingences matérielles parfois futiles d’aménagements de voiries (TCSP). L’accréditation de la sécurisation des systèmes par la ponctualité me semble ne pas être suffisamment intégrée dans les critères de choix d’aménagements.

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Mais quel est le rôle de l’architecte ou de l’urbaniste dans la conception des stations pour réduire les risques lorsqu’ils sont mandatés pour transformer/créer les infrastructures ? Les mangroves urbaines, termes utilisés par Marion GIRODO et David MAINGIN dans le cadre de l’analyse des espaces souterrains d’interconnexion des gares et métros ne facilitent pas la vie des concepteurs qui se limitent bien souvent à sodiomiser (Y. KERSALE) l’espace avec des milliers de Lux de lumière parfois inutile. Je suis intimement convaincu que la lux-isation de la ville n’est pas une solution de renforcement de la sécurité, car elle place l’espace public au même niveau partout, l’aseptisant et le déshumanisant… renforçant l’insécurité et, surtout, impunité : trop de lumière tue la lumière. Non, peut-être est-il temps de travailler sur les sens pour contrecarrer l’essence de ses espaces fonctionnels ?!

L’œil ne demande qu’à retrouver des textures chaudes et sensibles ;

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La main et le corps recherchent des textures douces ;

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L’odorat cherche la bulle de confiance ;

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L’ouïe cherche un cocon protecteur ;

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La voix adoucit les mœurs.

Si le concept est sympathique (c’est moi qui le dis, donc…) son application est plus complexe. Toutefois, qui s’imaginerait avoir une station de TCSP (bus ou tram en site propre) en bois, végétalisée, avec des quais en matériaux souples et avec un éclairage intense juste au point d’arrêt, restant toujours discret dès qu’on s’éloigne des stations. Quid également de formes paraboliques amplifiant le son des quais et permettant à une femme criant sur son agresseur, de voir ce son amplifié ? Tout cela pourrait être amplifié par les technologies IoT de reconnaissance de mouvements avec , par exemple, l’utilisation des panneaux publicitaire pour diffuser les images du quais lorsqu’un homme un peu trop entreprenant viendrait à vouloir insister.

Certes, il y aurait un surcout collectif, un entretien supplémentaire. Toutefois, quel serait le retour sur investissement si notre société permettait à toutes femmes de pouvoir circuler plus librement et à toute heure, sur les lignes de transports ?

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Et je ne me leurre pas, il est aussi dans ce concept d’intégrer des facteurs externes comme l’éducation. Mais je ne suis qu’urbaniste, je m’occupe déjà ce à quoi je peux réellement contribuer.

En tout état de cause, les choses ne peuvent rester en l’état.

 

Pascal Simoens, Urbanisme et Architecte, Data Scientist

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