Archives pour la catégorie mobility

AN ARCHITECTURAL POINT OF VIEW OF THE BANAL PLACES ?

Le Métro est un espace vécu le plus souvent comme une contrainte, presqu’un no man’s land. Pourtant, le photographe Chris M FORSYTH a développé une perception singulière de ces lieux, où le manque paradoxal de vie les rendent plus vivant, plus intenses. Il a visité le métro de sa ville de villégiature, Montréal mais depuis deux ans, il parcoure le monde : Berlin, Munich, … Son travail basé sur des poses longues qui font disparaître les gens, complété par les transformations numériques (par exemple les métros) font la démonstration que nous ne regardons pas toujours la beauté là où elle se trouve : dans notre quotidien.

En outre, je suis assez étonné de constater à quel point chaque métro montre dans ses détails l’identité de la ville.

Pour plus d’infos et visite de la galerie virtuelle : http://www.chrismforsyth.com/

SIT-DOWN-CITY LIFE

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le projet « Escale numérique » réalisé par Mathieu Lehanneur pour JCDecaux, Ville de Paris, 2012

Depuis sa fondation, la ville est un objet technique complexe reliant des activités, des infrastructures et des Hommes. Toutefois, et petit à petit à travers les âges, la ville s’est humanisée au travers d’échanges et du développement des espaces publics : places, rues, squares, un ensemble de mots signifiant des usages et des activités humaines spécifiques liées aux besoins des hommes.

Aujourd’hui, un nouveau paradigme sociétal est apparu : le numérique et ses nouveaux usages de l’espace urbain. L’Ethnologue italien P. FERRARIS nous parle de l’Eidos Mobile, sorte d’interaction entre l’homme et la machine qui ne font plus qu’un et cette unité a besoin de nouveaux éléments dans la ville pour fonctionner de manière optimale. Parallèlement, E. CHAMAYOU nous parle de la Kill Box, une nouvelle approche de la dimension de l’espace en 4 dimension : la dimension temporelle devenant mesurable au travers de l’espace qui est lui-même décomposé en petit carrées qui se complètes et s’adjoignent les un aux autres en fonction de nos déplacements.

Cette introduction pour parler d’un petit article de blog lié à la question de « s’asseoir en ville ». Un objet qui n’est pas si anodin que cela eu égard aux expériences récentes en France de villes ayant interdit les espaces de bancs aux SDF. Une autre preuve, si nécessaire, que le mobilier urbain est devenu aujourd’hui un enjeu politique.

L’enjeu de l’Eidos

L’Eidos mobile, intimement lié au numérique, est la nécessité de multiplication de micro-lieu de repos : lire des mails, passer un coup de téléphone nécessitant une forte attention, lieu de rencontre « je suis ici » via Yelp ou Foursquare pour ne citer que ceux-là.

L’enjeu de la Kill Box

La Kill Box redéfinit la dimension anamorphe de l’espace public et le rend encore plus singulier. Cette singularité oblige à la multiplication des éléments de design spécifique pour accompagner, selon le lieu, des fonctions et usages similaires et développés ci-avant.

Toutefois, la stratégie du mobilier urbain qui se présente sous une forme réglementée à outrance (pour des raisons de sécurité) mais également industrielles (l’uniformisation pour le moindre coût) est battue en brèche par de nombreuses nouvelles interventions urbaines : Parking Day, l’exemple de Grenoble et bien d’autres ne sont que les quelques exemples de création de mobilier spécifique dans des lieux que l’être urbain désire se réapproprier. Car l’espace public est devenu lieu de vie et espace intime au même titre que les grands rassemblements.

 

 

L’article inspirant ce post pose donc la bonne question : « Au-delà des sièges : réinventer la pause urbaine ». Une notion assez nouvelle et qui mériterait d’être prise en compte dans le cadre des stratégies des villes qui élaborent des charges du mobilier urbains. En effet, jusqu’à aujourd’hui, ces chartes développaient une systémiques fonctionnelles et visuelle : le mobilier urbain devait être rationalisé pour des raisons de coût et esthétisés pour des raisons d’identité.

Si cette approche reste actuelle, elle doit, à notre sens, être étendue à la question du parcours urbain d’une part et des jalonnements (les pauses) de ces parcours d’autre part. Un parcours souvent jalonné d’impossibilité de placement du mobilier… sauf à créer pour intégrer.

L’enjeu de la convivialité et de l’urbanité des villes numériques de demain est à ce prix.

 

Pour prolonger les lectures :

La ville asseyable, une utopie à (re)construire, Blog Demain la ville, Bouygues Immobilier, 14 mars 2016

Vers une ville asseyable, La ville résiliente, 23 avril 2016

Le canapé, ce mobilier urbain qui s’ignore, le Bug Urbain, 04 mars 2014

Avec vergers urbains, tous les moyens sont bons pour (ré)installer des bancs, vergers urbains, 21 février 2015

ALL THE (DIGITAL) ROAD LEAD TO ROME

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Certes , toutes les routes digitales ne mènent pas nécessairement à Rome mais grâce aux algorithmes, nous pouvons aujourd’hui ne plus perdre notre chemin. c’est le travail des graphistes Philipp Schmitt, Benedikt Gross et Raphael Reimann.

Je vous convie surtout à visualiser la carte interactive qui permet de se déplacer jusqu’à votre ville ou quartier. Pour s’y retrouver,il faut avoir un peut le sens de la représentation cartographique car ce n’est pas référencé avec les villes et villages, mais seulement avec les routes.

Roads to Rome

Pour la Belgique et plus particulièrement la Wallonie, on constate que la E42 est structurante jusqu’à Namur et ensuite rejoint l’autoroute E411… sommes toute, la route des vacances vers le sud! Étonnant… car le processus de représentation a été le suivant :

carte interactive

Une sélection d’une grille-type dans laquelle, chaque carré permet d’avoir un point de départ (une ville ou un village). C’est un processus qui peut également être adapté à toutes les villes d’Europe ou des Etats-Unis bieque pour ce dernier, la structure même du maillage routier permet mieux l’analyse multipolaire qu’une analyse concentrée.

plus d’infos ici sur le processus algorithmique : moovelab

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Un processus qui met en exergue une capacité de calcul des déplacements selon le temps impartis entre deux points. C’est intéressant à comparaitre à l’échelle de vos propres habitudes.

Belle balade à vous.

MY ADRESS IS « ORFEVRE.MIMER.BAOBAB »

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Tel est le principe de What3words, une start-up londonienne portée par des géographes qui pourraient, au même titre que Larry Page et Sergeï Brinn, révolutionner la géolocalisation et l’adressage des habitations ou tout autre élément sur terre.

Le principe est simple : créer une maille de 3m x 3 m sur l’ensemble du monde et lui adresser des coordonnées spécifiques et uniques. Ces coordonnées se dispensent sous la forme de 3 mots qui peuvent être définis en plusieurs langues, pour autant que le champ lexical soit suffisamment large.

L’ingéniosité de leur approche est d’offrir à quiconque une possibilité de retenir une adresse aussi simple que trois mots. C’est une révolution face aux adresses traditionnelles des villes occidentales mais également, et surtout, pour les territoires du monde qui ne sont pas encore adressés. Ces derniers représentent plus de 4 milliards d’habitants… et à l’époque du commerce en ligne, il ne faut pas être grand clair pour prendre conscience de l’importance de ce processus innovant d’adressage. La force de l’idée est finalement de combiner une très petite base de données mais qui, combinée mot par mot, donne des possibilités quasiment infinies.

Les grands investisseurs de ce monde ne s’y sont pas trompés, et la levée de fond est plus que conséquente pour une idée qui est, somme toutes, assez simple. Les enjeux financiers de cet algorithme se calculent en milliards d’euros, car il devrait permettre aux grands transporteurs (qui ne connaissent pas la crise) de développer un encodage simple et efficace dès que le client connait les 3 mots qui lui permettent de définir le lieu de distribution de son colis. Mieux encore, comme la trame est minuscule, on peut même s’imaginer qu’avec l’aide de Google et de la définition des données sur plans et l’intérieur des bâtiments, on peut localiser le bureau dans lequel on doit livrer le colis.

Enfin, n’oublions pas les quartiers dans des pays du tiers-monde qui, au regard de la densité et du développement spontané qu’ils génèrent, ne permettent pas un système d’adresse traditionnel : ville, rue, numéro.

 

Même si je ne m’imagine pas que nos rues perdront leurs noms, je m’attends à ce qu’un système de ce type envahisse les GPS dans quelques années grâce à la reconnaissance vocale qui facilitera encore plus l’usage. On ne pourra plus se perdre… à 3m près.

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Source de la première note : Quartz