IL Y A DES JOURS OU ON AURAIT BIEN PRIS CETTE PLUME… UN ARTICLE D’UNE JUSTESSE RARE SUR LES PRO/ANTI VÉHICULES ÉLECTRIQUES.

Temps de lecture :  5 minutes
mots-clés : VE, chiasm, Automobile propre, article, early adopters, majorité précoce, majorité tardive, innovation
Nombre de pages « équivalent » : 3
Article rédigé avec l’aide de l’IA : oui

En bref : L’article d’Andy David dans « Automobile propre » analyse comment les perceptions et comportements des différents groupes utilisateurs influencent l’adoption des voitures électriques (VE). Il aborde la théorie de la diffusion des innovations et la fracture entre pionniers et grand public.

Chers lecteurs, chères lectrices,
Chers abonné.e.s,

Introduction

Il y a des jours comme ceux-là où on aurait aimé être à la place d’un autre, ici, le journaliste Andy DAVID de la revue en ligne « Automobile propre » qui traite de tous les sujets liés aux VE et, surtout, tente de les démystifier.

À la lecture de son article « Le mépris nuit-il gravement à la voiture électrique ? », publié le 4 janvier 2026, nous nous sommes dit : tout est résumé. Alors, de quoi s’agit-il ?

Sociologie, marketing, innovateurs, early adopter… et les autres

L’article s’intéresse à un phénomène fréquent dans les discussions autour de la voiture électrique : la façon dont les comportements et les attitudes des différents groupes d’utilisateurs influencent la perception et l’adoption de cette technologie. Il s’appuie sur des concepts sociologiques et marketing pour analyser ce phénomène à partir d’un débat observé en ligne et qui reflète de nombreuses discussions que j’ai déjà pu avoir (étant un early adopter). Là où cela devient intéressant, c’est qu’il décortique les travaux d’Everett Rogers et de Geoffrey A. Moore (théorie de la diffusion des innovations) pour distinguer plusieurs catégories d’utilisateurs :

  1. Innovateurs – Très minoritaires (~2 %) : passionnés de technologie qui adoptent une innovation dès ses débuts.
  2. Primo-adoptants (early adopters) – Un peu moins d’un septième du public : comprennent les bénéfices de la technologie et sont prêts à prendre des risques pour l’adopter tôt. Ce sont eux qui favorisent l’élargissement initial d’un marché.
  3. Majorité précoce & majorité tardive – Plus pragmatiques ou conservateurs : ils attendent que la technologie soit mûre, fiable et socialement acceptée avant de basculer.

Mais surtout, il expose le problème du gouffre entre les pionniers et le grand public en mettant en avant le concept de chasm (« gouffre ») introduit par Moore : c’est le moment où une innovation doit passer d’une adoption par une minorité enthousiaste à une adoption plus large par le grand public.

Réseaux sociaux, débats et… peurs (s’exprimant parfaitement dans les groupes complotistes).

L’article explique que ces peurs s’alimentent des débats stériles entre pro/contre et qui génère beaucoup de mépris (souvent involontaire) des adeptes de longue date envers les nouveaux utilisateurs peut avoir plusieurs effets négatifs :

  1. Créer une fracture entre pionniers et novices, rendant moins attractif le dialogue autour de l’électrique.
  2. Renforcer les incompréhensions du grand public sur des aspects techniques ou pratiques de la voiture électrique.
  3. Favoriser le scepticisme, la circulation de désinformation ou le rejet de la technologie par ceux qui ne se sentent pas écoutés.

L’article cite des travaux sociologiques qui montrent que ce sentiment de supériorité peut même être utilisé comme “carburant émotionnel” par des mouvements populistes ou d’électroscepticisme : les complotistes s’en sont accaparé l’exclusivité depuis longtemps et sont alimentés par les lobbyistes. Nous vous renvoyons à notre publication sur les « false context news » pour la démonstration :

  • Retour sur une « False context news » : la place de l’UE dans le monde et l’interdiction des véhicules thermiques en 2035 : partie 1 et partie 2 (mars 2023).

En complément

L’auteur relève diverses pistes pour améliorer la transition :

  • Un dialogue constructif entre utilisateurs expérimentés et novices : OK, mais la nature humaine combinée aux réseaux sociaux ne contribue pas au dialogue…
  • Par contre, il propose une approche pédagogique : « Les expériences et connaissances devraient être partagées pédagogiquement plutôt que présentées de façon condescendante. ». Nous ajouterons que cette question s’accommode nécessairement (et comme tout apprentissage) du temps long. Ce qui est relativement peu compatible avec les échanges de réseaux sociaux. La question éditoriale se fait donc ressentir et devrait, dans le contexte actuel de la transition « early adopter » vers l’achat et l’usage de masse, titiller les journalistes d’information générale à mieux se former pour dépasser les éditoriaux « experts ». À cet effet, qui n’a jamais vu passer un reportage des journalistes qui mettent 6 heures pour 300 km alors que les connaisseurs le font… avec 25 minutes de plus qu’une voiture thermique ?
  • Une démarche qui rejoint le troisième point qu’il développe : « Une meilleure information et sensibilisation du grand public (parfois grâce à des contenus pédagogiques) peut réduire les incompréhensions. »

Cette séquence YouTube est démonstrative, mais, à la lecture de l’article très bien rédigé, probablement contre-productive. Néanmoins, elle démontre la problématique du journalisme face à des technologies qui ne sont plus émergentes, mais reste encore de niche.

Bref, il y a encore du boulot et on n’a même pas encore parlé du changement de modèle de mobilité ! ET là, les early adopters ne seront peut-être pas les mêmes que ceux qui roulent déjà en VE. #àmediter.

Bonne et belle journée à vous.

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Dr. Pascal SIMOENS, Architecte et urbaniste, data Scientist.
J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart-buildings comme responsable » R&D au sein du groupe Pirnay (Charleroi-Bruxelles) et plus particulièrement de sa section S²Enginnering (smart & sustainable) . En même temps, j’enseigne cette expertise  et continue la recherche dans les domaines de l’IA, l’architecture et la réduction de l’entropie du processus constructif au sien de l’UMONS. Je représente également les universités d’Etat de la communauté Française au sein du Conseil National de l’Ordre des architectes et du Conseil francophone et germanophone.

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