THINK GLOBAL, ACT LOCAL

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Il est parfois des moments où, au titre d’expert, on a difficile de présenter des exemples qui vous permettent de justifier votre enthousiasme envers les nouvelles technologies. Et puis, il y des moments qui vous rendent heureux parce que c’est possible. En voici un.

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Le fort Lagarde qui surplombe le village frontalier de l’Espagne.

C’est l’histoire d’un petit village de 1100 habitants dans les Pyrénées, Prats-de-Mollo-la-Preste et aussi l’histoire d’un homme qui a cru dans la transformation énergétique de son village. Le village au pied des Pyrénées, du côté occitan (66) et à quelques encablures catalanes. Mais le plus important, c’est que durant les années 80, l’équipe municipale avait pérennisé son autonomie énergétique communale par la construction d’une centrale hydroélectrique couvrant 40% des besoins. Toutefois, et comme partout ailleurs en Europe (mais particulièrement là où l’électricité nucléaire existe) le coût de l’énergie grimpait de manière non négligeable. La question s’est donc posée sur la pérennisation de l’autonomie de la commune d’un point de vue énergétique.

L’article de la Caisse des Dépôts montre le chemin parcouru et je vous conseille de le lire sous la forme d’une interview du responsable de la mutation énergétique en cours sur ce territoire. Nous nous attarderons plus sur l’analyse de fond du phénomène :

Premièrement, c’est surtout l’initiative d’une personne qui y a cru, David GENER. Toutefois, il reconnait que « Disons que pour un village de notre taille, l’initiative tiendra avant tout sur l’enthousiasme d’une personne motivée, qui va faire avancer l’idée et fédérer un collectif de citoyens. Cette énergie humaine suffira à convaincre le conseil municipal, et à créer une dynamique. De ce point de vue, le fait d’être une collectivité territoriale de petite taille est même une chance ! ». Il démontre avec son action qu’une petite commune peut faire de grandes choses et dans l’intérêt de sa collectivité.

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Ensuite, la mise en œuvre des systèmes de gestions est tout aussi complexe que ceux mis en œuvre pour une grande agglomération, il est question de smartgrids, « Car il nous faudra un outil technologique afin de capter, de stocker et de traiter les données. À travers une véritable « régie de données énergétique », nous pourrons expérimenter la gouvernance de notre circuit court de l’énergie. ». Ne parlons pas des technologies Blockchain qui sont étudiées en parallèle pour la gestion financière du projet… car il faut bien la vendre, cette énergie renouvelable. Des processus mis en œuvre grâce à des partenariats entre les universités (chercheurs, techniciens …) et la municipalité, car aujourd’hui, tout est expérience et donc l’ensemble des acteurs ont besoin de travailler ensemble pour développer des modèles. Les grands ont besoin des petits et inversement.

Enfin, notons également qu’au passage, l’ingéniosité de la recherche est fabuleuse. Nous ne retiendrons ici que les turbines d’eau potable. Voici encore quelques années, ce principe était impossible à mettre en œuvre pour des raisons sanitaires. Aujourd’hui, avec la mise en œuvre de l’impression 3D et de nouveaux processus d’industrialisation des mécanismes de pompages, cette solution devient fiable et offre un potentiel extraordinaire dans de nombreux territoires où le relief permet ce type de turbines (voir la vidéo de la commune de Cuzza/Cozzano, Corse)

En conclusion, que nous révèle ce projet ? Qu’aujourd’hui les technologies sont à la portée de toutes les communes, quelques soient leurs tailles et que la transition énergétique durable est certainement plus simple pour les petites entités que les grandes agglomérations. Toutefois, ce ne sont pas des solutions simples, voire simplistes, au contraire ce sont des solutions hypertechnologiques qui nécessitent une grande expertise. Mais ces connaissances ne doivent pas être un obstacle, pour preuve, dans ce village, une seule personne a déplacé des montagnes.

Alors, qu’attendent les communes rurales des Ardennes belges et françaises ? Quid de la Thiérache ou de l’entre Sambre et Meuse : biomasse, solaire, éolien, cogénération, hydraulique. Toutes ces technologies ne peuvent seules répondre aux besoins des habitants, par contre, ensemble et intégré à une smartgrid, tout devient possible. Malheureusement, peu de communes sont aujourd’hui libres de développer leurs propres régies communales pourtant génératrices d’emplois locaux. Des exemples existent au niveau de l’eau. Peut-être est-il temps de faire sécession pour rendre le pouvoir aux habitants ? Penser global, agir local n’a jamais autant bien porté son nom.

Plus de lecture :

Un village de 1100 habitants passe à l’autonomie énergétique

Les villes intelligentes par l’exemple

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