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mots-clés : IAG, Microsoft, Davos, S. Nadella, agent IA, game changer
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Article rédigé avec l’aide de l’IA : oui via Chat GPT 5.2, Gemmini 3.0, Antidote
En bref : L’arrivée des agents IA, annoncée comme disruptive par Satya Nadella, transforme en profondeur nos manières de travailler. Le logiciel tel que nous le connaissons n’est plus une interface à maitriser, mais une infrastructure invisible. L’interaction devient intuitive, contextuelle et conversationnelle, portée par des agents intelligents. Nous entrons ainsi dans une ère où le numérique cesse d’être un objet pour devenir un milieu. Mais pour vivre dans ce milieu, il faut de l’intelligence culturelle. Peut-être que c’est cela la véritable « révolution IA ».
Chers lecteurs, chères lectrices,
Chers abonné.e.s,
Après le smartphone : lunettes, agents IA et la disparition silencieuse du logiciel (nous vous en avons parlé récemment dans notre article Google Glass, IA PIN, Ray-Ban Glasses, Ia Glasses : ces technologies vont changer votre univers dans les années qui viennent (17/02/2026). Il y a des révolutions qui font du bruit. Et d’autres qui avancent à pas feutrés, presque élégants, jusqu’au moment où l’on se rend compte qu’un objet, un geste, une habitude quotidienne a disparu. Et voilà que, presque en écho à la mort annoncée du smartphone tel que nous l’entendons, Satya Nadella vient poser une autre pièce du puzzle : selon lui, l’arrivée massive des agents IA va profondément transformer nos comportements de travail. Plus encore, il suggère que le logiciel tel que nous le connaissons est appelé à disparaître.
Ces deux mouvements ne sont pas parallèles. Ils sont convergents.
Qu’est-ce qu’un « agent IA » ?
Un agent IA est une entité logicielle autonome capable de percevoir un contexte, d’interpréter une intention et d’agir en conséquence. Contrairement à un logiciel classique, il ne se limite pas à exécuter une commande explicite : il anticipe, propose et arbitre. Il dialogue en langage naturel, sans imposer à l’utilisateur d’apprendre une interface spécifique. Un agent IA peut orchestrer plusieurs outils et systèmes sans exposer leur complexité. Il s’adapte au contexte temporel, spatial et organisationnel de l’utilisateur. Il apprend des usages, des préférences et des contraintes, tout en restant paramétrable. L’agent n’est pas une application, mais une couche d’intelligence au-dessus des applications. Il fonctionne en continu, mais sait se rendre discret lorsque c’est nécessaire. Il transforme l’interaction homme-machine en relation collaborative. À terme, l’agent IA devient l’interface principale du numérique.
Et je remercie Gemini 3.0 ( 24/01/2026) pour cette définition !
Plus sérieusement, quand Microsoft annonce la fin du logiciel par la voix de Nadella cela doit nous interpeller. Microsoft est l’entreprise logicielle par excellence qui accompagne notre vie au quotidien. Le CEO de Microsoft ne parle pas seulement d’outils plus puissants. Il parle d’un changement de comportement dans le travail. Comme précisé ci-devant, les agents IA ne sont pas des applications. Ils ne sont pas non plus des fonctionnalités ajoutées à un logiciel existant. Ils sont des intermédiaires intelligents, capables de comprendre une intention, d’orchestrer des actions, de dialoguer avec des systèmes complexes sans exposer leur complexité à l’utilisateur. Autrement dit : le logiciel disparaît pour laisser place à une interface de dialogue. Prenons l’exemple d’un fichier Excel avec la majorité (certainement certains d’entre nous) qui peste sur un tableau dont il sait pertinemment bien qu’une formule existe dans le logiciel pour faire cette opération, mais qu’il ne connait pas et donc continue à faire un calcul compliqué avec des tonnes de cellules additionnées, les unes avec les autres. Selon Nadella, demain, nous n’ouvrirons plus un tableur nous lui dirons : « prépare-moi une analyse budgétaire comparant ces deux scénarios ». Nous n’ouvrirons plus un logiciel de gestion de projet. Nous disons : « Ajuste le planning en fonction des retards et informe l’équipe ». Le logiciel devient une infrastructure silencieuse. L’agent devient l’interface.
Intuition contre apprentissage
Depuis trente ans, le progrès logiciel repose sur une idée discutable : l’utilisateur doit apprendre le logiciel, tels les menus, icônes, raccourcis, versions, mises à jour… L’expertise s’est confondue avec la capacité à maitriser des interfaces de plus en plus complexes. Les agents IA renversent cette logique. Ce n’est plus l’humain qui s’adapte à la machine, mais la machine qui s’adapte au langage, au contexte, à l’intention humaine. Du moins ce que nous pourrions penser face à une convergence de l’interface intuitive avec une action situationnelle. Bref, le rôle humain se déplace :
- Moins d’exécution,
- Plus de jugement,
- Plus de décision.
Une nouvelle approche avec toutes ses subtilités sémantiques
À lire l’avenir, nous pourrions espérer que tout le monde deviendra à pro d’Excel et de tout autre logiciel. Mais l’enjeu n’est peut-être pas là !
En effet, l’équipe dont je fais partie à l’Université de Mons propose aux étudiants en master en architecture une initiation à l’usage de l’IA pour concevoir des bâtiments. Depuis janvier 2023, nous travaillons avec les étudiants à définir ensemble un processus de maitrise des outils IA pour « faire de l’architecture ». Une architecture sémantique avant tout : tout est fait avec des mots pour produire des images, façades, plans, coupes et croquis … cette expérience inédite de près de 3 ans démontre que nous avons besoin d’une maitrise sémantique fondamentale pour dialoguer efficacement avec la machine. Le grand Kevin de Frameries, qui étudie en informatique, aura beau demander de dessiner une maison dans un arbre, il verra plutôt une cabane, et, malheureusement, pas celle de Le Corbusier contemplant la Méditerranée. Cependant, l’étudiant architecte trouvera son chemin avec toute sa connaissance du vocabulaire adapté à l’architecture pour que la cabane devienne un chef-d’œuvre.

L’enjeu de la culture générale
À mesure que les agents IA deviennent des interlocuteurs quotidiens, l’enjeu central n’est plus seulement technologique, mais profondément culturel. La capacité à dialoguer avec une IA repose d’abord sur la richesse du langage, la précision des concepts et la profondeur des références mobilisées par l’individu. Une intelligence artificielle ne pense pas à notre place : elle amplifie ce que nous formulons, révèle nos angles morts et met en tension notre propre capacité d’analyse. Sans culture générale – historique, scientifique, artistique, politique – le dialogue se réduit à des requêtes pauvres et normatives. C’est pourquoi l’accès à une offre culturelle massive, diversifiée et exigeante devient un impératif collectif : bibliothèques, médias, enseignement, arts, sciences, débats publics. Développer l’intelligence individuelle par l’apprentissage continu de la culture, au sens large, ne relève plus du luxe humaniste. C’est une condition nécessaire pour exercer son esprit critique, formuler des intentions complexes et rester actif face aux systèmes d’IA avec lesquels nous allons cogiter le monde.
La connaissance vs la culture
Plus prosaïquement, c’est la même chose avec les futures interfaces logicielles de Microsoft : si vous demandez à l’IA de vous faire un CV, elle vous proposera un CV en Word très bien ficelé, mais d’une banalité tel un puits où se noyer. Au lieu de cela, si vous avez parfaitement compris le contexte de l’entreprise pour laquelle vous souhaitez postuler, vous pouvez créer un résumé détaillé et clair de vos défis face à la demande de l’entreprise. L’IA se chargera ensuite de rédiger votre CV selon ces directives, en plus de vous proposer une lettre de motivation en moins de deux heures.
L’IA est donc bien un catalyseur de connaissance … Que les personnes intelligentes et cultivées vont capitaliser. Cela soulève une question de fond : alors que les coupes sombres s’opèrent dans la culture et l’enseignement, allons-nous donner aux nouvelles générations les clés pour utiliser l’IA à bon escient, ou vont-elles devenir les esclaves d’un système dirigé par quelques élites intellectuelles et entrepreneuriales ?
Vous avez 2 heures, puis je reprends les copies !
Bonne et belle journée à vous.

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Dr. Pascal SIMOENS, Architecte et urbaniste, data Scientist.
J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart-buildings comme responsable » R&D au sein du groupe Pirnay (Charleroi-Bruxelles) et plus particulièrement de sa section S²Enginnering (smart & sustainable) . En même temps, j’enseigne cette expertise et continue la recherche dans les domaines de l’IA, l’architecture et la réduction de l’entropie du processus constructif au sien de l’UMONS. Je représente également les universités d’Etat de la communauté Française au sein du Conseil National de l’Ordre des architectes et du Conseil francophone et germanophone.
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