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mots-clés : Lobbys, automobile, Californie, véhicules thermiques, véhicules électriques, VT, VE
En bref : Nous vous proposons aujourd’hui la lecture d’un article qui relate l’histoire de la tentative d’interdiction des véhicules thermiques aux USA dans les années 1960. Sans les lobbys, on n’en parlerait plus.
Chers lecteurs,
En complément de notre récent article sur l’usage massif des Fake News dans le cadre du combat acharné entre les défenseurs de la liberté et des voitures thermiques contre les voitures électriques (Entre Fake News et vérités : pourquoi les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie avec les véhicules électriques ? 26 octobre 2024) nous vous proposons de relater cette histoire folle que seuls les USA peuvent nous offrir. L’article est issu de la plateforme GRIST qui défend les intérêts écologiques aux USA et s’intitule : The forgotten fight to ban gas-powered cars in the 1960s, Scott W. Stern, 28 août 2024.
Résumé :
Nous savons tous que si la voiture a été inventée en Allemagne, il n’en demeure pas moins que ce type de véhicule a été diffusé massivement par les États-Unis. En outre, les premiers véhicules étaient électriques, ensuite et parallèlement, certains modèles comme des camions furent à vapeur. L’efficacité des véhicules au pétrole était perfectible. Toutefois, l’arrivée de grandes réserves de pétrole et la difficulté de se procurer de l’électricité allaient à l’encontre des véhicules électriques qui ont passé la main après la Première Guerre mondiale. Il est toutefois intéressant de constater que si on prend comme référence la première BENZ qui fait office de référence du début de l’ère automobile en 1885, et une disparition dans les années 1920, complétées par un retour du VE dans les années 2000 (avec Tesla), on se rend compte que les véhicules thermiques se sont déployés pendant 80 ans sans concurrence alors que les VE ont été conduits pendant plus de 50 ans. Bref, le VE n’est pas une nouveauté et de nouvelles habitudes, c’est seulement le véhicule thermique qui nous a fait oublier le reste des possibilités, par facilité.
Pourquoi interdire la voiture thermique dans les années 1960 ?

C’est le sénateur Nicholas Petris, né d’immigrants grecs dans la région de la baie de San Francisco en 1923 qui fit cette proposition le 1er mars 1967, le sénateur de l’État nouvellement élu a annoncé son intention d’introduire un projet de loi qui limiterait chaque famille californienne à une seule voiture à essence à partir de 1975. « Le moteur à combustion interne est en train de se déverser du poison », a déclaré Petris à la presse. « Pourquoi ne pas le limiter ? ».
La raison est simple : le nombre de morts lié au Smog urbain depuis le milieu des années 1940, particulièrement à Los Angeles : Mais avec l’essor des voitures à combustion est venu le smog. Nommé pour sa ressemblance superficielle à la fois à la fumée et au brouillard, le mélange de polluants atmosphériques, brûlant les yeux, parfois mortels, a commencé à s’installer dans les villes – surtout à Los Angeles – au milieu du XXe siècle. En 1949, par exemple, une couverture de vapeur odorante de l’ammoniac s’est installée sur la ville natale de Petris; un journal à proximité de Palo Alto, où Petris étudiait le droit à Stanford, a déclaré le smog « une menace croissante ». Au début des années 1950, les scientifiques avaient identifié sa cause : les gaz d’échappement des voitures à gaz. Les législateurs et les régulateurs – en particulier en Californie, le plus grand marché automobile en Amérique – se sont empressés de tenter de limiter les fumées que les voitures étaient autorisées à cracher dans l’atmosphère. On notera que si cette action du sénateur s’est confrontée aux Lobbyistes de tout bord, essentiellement installés à Detroit, il n’en reste pas moins que la Californie et les USA furent pionnières dans la dépollution des voitures thermiques avec l’interdiction des moteurs à l’essence au plomb dès 1975, soit16 ans avant l’Europe.
L’histoire semble se répéter et c’est pour cela que c’est intéressant
50 ans plus tard, la question de l’interdiction des VT semble se répéter : en 2022, soit avant l’Europe, la Californie propose l’interdiction de la vente des VT en 2035. Cette interdiction, qui doit prendre pleinement effet en 2035, a déclenché des réactions explosives à travers le spectre politique. En quelques mois, près d’une douzaine d’autres États avaient emboîté le pas, adoptant des interdictions inspirées de celle de la Californie. Aujourd’hui, la Californie restreint drastiquement la construction de nouvelles stations-service… les temps changent. Mais derrière tout cela et malgré une population active : Le fait le plus surprenant sur l’ensemble de la saga est peut-être à quel point la campagne d’élimination progressive des voitures à essence a été populaire parmi les membres du public. De multiples sondages en 1969 ont révélé que plus de 60 % des personnes interrogées étaient favorables à l’interdiction du moteur à combustion interne en quelques années. Des lettres et des pétitions de soutien ont été diffusées dans le bureau de Nelson. Les comités de rédaction de journaux, y compris celui du Washington Post, ont approuvé le projet de loi de Nelson, les lobbys ont réussi à bloquer le changement pour des intérêts purement capitalistiques. Il semble que le même mouvement est en cours aujourd’hui lorsqu’on rétropédale pour les LEZ ou à l’échelle européenne, avec le report de l’interdiction de la vente des VT en 2035.
Ce qu’on oublie souvent, c’est que si les voitures thermiques avaient été interdites en 1975, les USA (et en partie l’Europe aussi) seraient les leaders de la construction automobile électrique. Aujourd’hui, et fat de ne pas avoir voulu prendre le train en marche plus tôt, ce sont les Chinois qui ont décidé, dès les années 1990, de développer une technologique nouvelle, plutôt que de prolonger celle que les USA et l’Europe maitrisaient pleinement.
Un paradoxe économique, car non seulement l’économie de la voiture serait prospère en Europe, mais aussi moins polluée. #àméditer
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Pascal SIMOENS Ph.D, Architecte et urbaniste, data Scientist. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart-buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.
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