I LOVE MY BUNKER

source ; https://journalstar.com/

Temps de lecture : 3 minutes
mots-clés : Bunker, crises, riches, territoires, protection.

Chers lecteurs,

Alors que les vaccins parcourent le monde avec l’espoir d’un monde meilleur, moins dystopique, certains d’entre nous ne se posent même plus la question : le monde s’effondre. Bien sûr, nous avons en tête quelques survivalistes dans le fond du Vercors. Plus sérieusement, la vente de Bunkers aux USA explose et ne fait qu’appuyer une tendance déjà démontrée depuis quelques années. Et je soupçonne que cette démarche arrive chez nous, sous d’autres formes, mais aussi bien présentes.

Si cette idée vous paraît saugrenue, je vous suggère de regarder sur Netflix le documentaire /fake basé sur des faits réels de 2020.

Dans ce faux documentaire, les auteurs Charlie Brooks et Annabel Jones caricaturent les patrons de la Silicon Valley au travers d’un type qui a acheté une montagne en Nouvelle-Zélande et y a construit un bunker. Cela nous renvoie également à Elon Musk et Jef Bezos qui ont décidé d’investir massivement dans le spatial pour s’offrir une porte de sortie vers Mars … au cas où la Terre viendrait à s’effondrer comme dans The Midnight Sky (avec G. Clooney).

Dans ce même film, deux options se présentent à nous : soit se terrer dans des bunkers, soit se sauver dans l’espace. Et pour ceux qui ne sont pas multimilliardaires, le bunker reste la meilleure solution.

Le bunker : une sous-culture américaine

Si pour les plus jeunes, le bunker est une idée étonnante, il faut rappeler l’époque de la guerre froide et la communication officielle américaine, antirusse, qui a mis en place une psychose de la guerre thermonucléaire globale. Le film the day after nous le rappelle. L’Amérique est donc « fan » de la solution bunkérisée et l’a remise au goût du jour depuis quelques années grâce à l’explosion des problèmes climatiques, mais également conjointement en 2020 avec les problèmes de pandémies (n’oubliez pas la guerre du papier Q au début de la première vague) et complété par le s émeutes issues de la mort de Georges Floyd et du mouvement (plus ancien) de #BLM.

Ainsi la demande en biens immobiliers de survie a explosé en 2020. Elle renvoie à l’image de la maison à la campagne avec un bunker dans le jardin, une image identique à celle développée entre les années 1950 et 1980. Toutefois, il y a quelques nuances : le monde est devenu urbain, donc les gens travaillent en ville. Ils cherchent donc un bunker, seul, dans la montagne, la vallée, etc.

Dans le Dakota du Sud, la plus grande communauté de survie a été créée (Xpoint) sur cette base…sans mauvais jeu de mots. (source : Why so many Americans are buying up personal bunkers, Eric Spitznagel, 1er out 2020, NY Post). L’article relate l’histoire de Tom SOULBSBY avec sa femme Mary qui a quitté NY pour s’installer à Edmont dans un bunker de 25.000$ plus un loyer de 1.000$ pendant 99 ans. Le site est un ancien site de la Seconde Guerre mondiale.
L’objectif de Soulsby, comme il l’explique au géographe culturel Bradley GARRETT, auteur d’un livre  – auteur du nouveau livre Bunker: Building for the End Times (Scribner) n’a jamais été de devenir résident à plein temps d’un bunker : Ce n’est qu’une police d’assurance, a-t-il déclaré, je vais le réparer et le transmettre à ma famille. J’espère que personne n’aura jamais à l’utiliser. Nous sommes bien dans le modèle « 3e guerre mondiale ». ce quartier de bunker, installé sur une surface représentant 2/3 de Manhattan a vu les demandes exploser en 2020 alors que le projet a été lancé en 2008… avec un intérêt mitigé : Le prix a grimpé à 35 000 dollars, déclare Robert Vicino, le développeur californien et PDG du groupe Vivos, lancé en 2008, et les ventes de bunkers «ont augmenté de plus de 600%». Cinq-cents bunkers sont toujours disponibles, mais Vicino dit au Post qu’ils « vendent actuellement environ un bunker par jour ». Plus généralement, cet article est une véritable mine d’information pour comprendre ce phénomène typiquement américain, mais pas que…

se pose alors à nous, Européens, la question de cette protection. Notre culture est bien différente, mais toutefois, s’imaginer que la pandémie et, plus encore, les risques climatiques et sociétaux, n’auront aucun impact sur notre manière de vivre me semble illusoire. En premiers lieux, je m’attends à l’agrandissement des celliers pour stocker de la nourriture. Une question récurrente en Europe dès qu’il y a un problème et malgré la PAC qui a permis à notre continent de devenir non seulement autosuffisant, mais exportateur. Toutefois, la conversion de l’agriculture vers un modèle moins extensif et rendu obligatoire pour des raisons sanitaires (moins d’engrais) aura comme effet de créer des tensions alimentaires entre les milieux urbains (dépendants) et ruraux (auto suffisante). L’exemple de la piste lancée par le ministre écolo, Alain MARON, d’acheter des terres dans le brabant wallon n’est que le début de cette préoccupation. On peut également s’imaginer de manière différente la conception des espaces des services dans les immeubles à appartements pour recevoir les habitants (le modèle de bunker des blocs de l’est pendant la guerre froide), mais comme dit l’expression « j’y crois moyen ».

Finalement, ce que je soumets à votre sagacité c’est le fait que 2020 sera un accélérateur de changement pour les années à venir. Peut-être par des détails, mais plus rien ne sera comme avant.

Merci de votre lecture.

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, Data Curator. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.

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