THE WORLD OF TECHNICAL DRAWINGS BEFORE DECEMBER 1982

AutoCAD release, 1982

Même si personne nese l’avoue, chacun d’entre nous passe le temps ou quelques instants à lire desinformations… pas vraiment importantes. Ce fut le cas pour moi, voici quelquessemaines, sur le site Ipnoze.comqui diffusait un titre aguicheur pour un architecte et un urbaniste : 19superbes vieilles photos qui montrent comment les gens travaillaient avantAutoCAD. La vie avant AutoCAD… était-ce possible ? Eh bien oui, puisque je faisdéjà partie des dinosaures qui ont appris leurs études au Rotring tout en selançant en grand bidouilleur avec des logiciels appris sur le tas, tel queAutoCAD. C’est donc avec un peu de nostalgie que je suis allé regarder cesimages que je n’ai jamais vécues et dont malheureusement les sources ne sontpas reprises. Je voulais toutefois vous le faire partager et c’est pour cetteraison que je vous propose images par image (pas toutes), de commenter ce qui s’ytrouve, car au-delà du dessin il y a aussi des méthodes de travail d’architectes,d’ingénieurs …

La première photocorrespond typiquement aux années 50-60, probablement aux États-Unis, avec lebaby-boom et le développement effréné des projets d’architecture. Pour s’enconvaincre, je vous renvoie à mon poste sur Columbusdans l’Ohio et qui est un véritable catalogue architectural de l’époque avecles meilleurs architectes au monde s’appliquant à modifier les habitudes deshabitants dans une petite bourgade à deux pas de de la Rust Belt. Je me dis aussique la frénésie d’époque permettait cette compilation d’êtres humains dans unemême pièce avec un dessous de table comme simple bureau.

La deuxième photonous renvoie à l’enseignement, le matériel a déjà évolué, nous sommesprobablement dans les années 70. Par ailleurs, apprécions ce qui a toujoursfait la capacité de l’architecte à travailler sur une chaise pendant huitheures grâce aux longs tiroirs remplacés souvent par du mobilier en plastiqueaux multiples rangements (zut, je ne reviens plus sur le nom exact !)

Photo 3 et 4: difficilede juger de l’époque, les éclairages en tout cas nous amènent à penser que noussommes plus proches des années 50 que des années 60. À voir la personne enpremier plan, on s’imagine que si le métier de dessinateur a fortement évoluéen un demi-siècle, des gestes immuables restent encore d’actualité aujourd’hui.

Photo 5 : mêmesi cette photo n’est pas de très bonne qualité, le matériel de dessin est déjàbeaucoup plus évolué. Nous sommes dans les années 80. Nous sommes probablementégalement dans un atelier de dessin d’une entreprise industrielle. En effet vula manière dont sont disposés les bureaux et l’organisation très peu fluide, onimagine bien les dessinateurs (en uniforme) travaillant d’arrache-pied 8 à 10heures par jour et séparés les uns des autres. Notons le magnifique petitcoussin vert du premier dessinateur à droite…

Photo 6 : parcomparaison avec la précédente image, l’avant-plan montre le dialogue entre ledessinateur et l’architecte. Les meubles en tôle d’acier plié amènent àimaginer que nous sommes dans les années 50. Vous constaterez également lamanière dont les bureaux sont installés, ne sont pas très loin du travail desdessinateurs industriels et s’inscrivent transversalement en continuité. C’estune nécessité absolue de l’architecte, d’avoir des grandes tables pour pouvoirmettre plusieurs plans les uns à côté des autres afin de pouvoir les comparer.

Photo 7 : voicibien une photo qui m’intrigue avec, soit des architectes ou des ingénieurs dessinantsur les plans d’architecture qui sont en tablier blanc et avec du matériel quiest apparu dans les années 60, début des années 70. À noter : le troisièmedessinateur sur la gauche avec sa calculette, également un outil indispensablearchitecte ou au dessinateur.

Photo 8 : jene sais pas ce que vous pensez, mais d’ores et déjà, et avec les 7 photosprécédentes, on constate que c’est toujours plus le bordel dans les bureaux d’architectureque dans les bureaux d’ingénieurs ! Serait-ce un état d’esprit ?

Photo 9 et 10 :toujours dans ces bureaux cette période de baby-boom, le travail de l’architecteétait combiné avec l’urbanisme : tout était possible ! C’est ainsi qu’on voitapparaître dans différentes archives des gigantesques plans sur lesquelsplusieurs architectes s’installent pour dessiner. La deuxième photo estcertainement celle qu’il fait le plus rêver (pour un urbaniste). Aujourd’hui, c’estl’écran qui est devenu le monde où tout est dessiné à l’échelle 1:1 et d’unclic de souris, nous pouvons nous balader de New York à Paris. Toutefois lavision globale que ces architectes urbanistes pouvaient avoir est inégalable.

Photo 11 : commeje vous l’ai précisé plus haut, une des caractéristiques des bureaux d’architectureet d’avoir de la place. On le constate encore une fois ici avec des bureaux quifont plus de 2,50 m et sur lesquels les lattes à parallèles et l’équerre sedéplacent sur toute la longueur. On voit également le calque pendrenonchalamment sur la droite du deuxième bureau.

Photo 12 : justement,lorsque nous parlions à l’instant du manque de place. À regarder ces photos d’archives,j’ai cette sensation que plus nous nous sommes avancés vers les annéescontemporaines, plus la surface bureaux a réduit. La place de l’ordinateur n’estpas pour rien. L’évolution technologique ne permet pas toujours de garder lesacquis ! Non pas que les bureaux d’architecture ont réduit de taille entant que telle, et les bureaux d’architecture se sont diversifiés avec dessalles de traceuses, des salles des maquettes, des salles de réunion, tous ceslocaux qui n’étaient pas nécessaires après la Seconde Guerre mondiale, cartotalement externalisés. Aujourd’hui ces aménités secondaires sont encore plusimportantes avec de nouveaux locaux qui apparaissent tels que des salles d’impression3D, le coût de production, espace de modélisation 3D en VR ou AR…

Photo 13 : c’est laseule photo vide du lot. Car il ne faut pas oublier non plus que le métier d’architectene se limite pas à travailler en bureau…

En conclusion, nouspourrions d’ores et déjà dire que cette époque est révolue. Dans les faits cefut bien plus doux que cela, puisque la distribution de la première licenceAutoCAD (1982) a mis approximativement 15 ans pour se généraliser à traverstous les bureaux d’études. Aujourd’hui, avec l’arrivée des modèles BIM, cettenouvelle évolution nous laisse penser que la transition numérique n’esttoujours pas terminée. En effet, lorsque l’ensemble de la dématérialisation del’architecture à travers un dessin partagé sur un Cloud et manipuler dans unespace en réalité augmentée sera possible, alors nous pourrons probablementimaginer un bureau d’architecture peut se penser de manière différente dans sonfonctionnement. Mais quel que soit le modèle, ces quelques photos font penserque malgré le nombre, le métier d’architecte nécessitera toujours plus de placeque tout autre forme de travail. L’architecte et l’urbaniste sont desconcepteurs d’espace à différentes échelles, ils ont aussi besoin d’espace pourtravailler et imaginer l’espace des autres.

Pascal Simoens, UrbanPlanner and Architect, Data Curator

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