THE NET NETRALITY : THE ISSUE FOR NOT RETURN BACK TO THE NUMERICAL MIDDLE-AGE

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Pour ceux qui suivent un peu la presse spécialisée dans le monde numérique américain, le sujet essentiel de ces dernières semaines est la question de la neutralité du Net. Un sujet qui, pour nous les européens, nous semble lointain, très lointain. D’ailleurs, l’UE a précisé dès la signature de la loi libéralisant le marché des réseaux de données et du portage de ces données sur ces réseaux, qu’elle s’attacherait à ce que la neutralité du Net reste une valeur intrinsèque du territoire européen.

Pour rappel, la question de la neutralité est une question délicate qui, comparée aux autoroutes européennes (et souvent payantes), obligerait les conducteurs Low Cost à attendre aux payages routiers alors que les automobilistes qui ont un abonnement full option passeraient pour continuer leurs routes. Rappelons que l’Arpanet, réseau d’origine militaire matrice du réseau supportant l’Internet d’aujourd’hui, a été conçu justement pour permettre des flux constants et non orientés entre deux points de communications. Cette question de la neutralité n’est donc pas seulement une question de gros sous, c’est plus fondamentalement une remise en cause de l’idée même de ce que les créateurs du Net s’en faisaient à l’origine. Il en résulte une redistribution des cartes qui pourrait, chez nous et si cela devait un jour arriver (ne jamais dire jamais…), nous mettre dans des situations délicates où l’abonnement de base ne nous permettrait pas d’envoyer/télécharger ses mails avec de grosses pièces jointes car nous avons, parallèlement, un abonnement à Netflix qui monopolise notre bande passante. Finalement, l’objectif, c’est de payer plus pour avoir ce que nous avons aujourd’hui.

La question est bien sûr : pourquoi TRUMP a-t-il accepté la disparition de la neutralité du Net ? Loin de s’imaginer qu’un B. OBAMA ou une CLINTON auraient mieux fait. Il s’agit ici d’un problème de capacité des réseaux et de transfert des données. En effet, la quantité de données a explosé ces dernières années avec une augmentation majeur des données vidéos. Ainsi, la qualité de données devrait être multiplié par 15 de 2010 à 2020[1] et , pour reprendre l’image de TICE Education, il y aurait 57 fois plus de données numériques que de grains de sable dans le monde ! Ces chiffres qui ont de quoi donner le vertige. La même étude montre que si en 2012 une famille correspondait à 32 GB/an, en 2020 elle passerait à 318 Gb, soit x10.

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L’ensemble de ces chiffres et l’augmentation de données , outre l’arrivée de la vidéo grâce aux portables, YouTube et la 4G, ne doit pas non plus nous faire perdre de vue que les données sont produites pour tout : votre mobile (bien sûr) ; votre voiture (par exemple le système GPS de HERE – NOKIA qui a été racheté par les 3 grand groupes allemands : Audi, Mercedes-Benz et BMW) qui échange des données avec des serveurs des constructeurs mais échangent également des données entre les voitures elles-mêmes ; vos objets connectés (montres, téléphones, TV, radios, stations météo, lampes, …), etc.

L’enjeu des IoT n’est d’ailleurs pas étranger à l’enjeu de la neutralité du Net. De fait, les Objets connectés vont offrir de plus en plus de services; services qui n’ont de sens que celui d’être rapides, sécurisés et constants. Opposé à cela, nous avons tout simplement des réseaux (Network) physique qui ne savent plus suivre. Les fils de cuivres du téléphone sont déjà saturés, la fibre optique coût cher dans des villes qui ne voient pas d’un bon œil l’ouverture de l’ensemble de ses rues (plan de fibre optique de Proximus, Belgique). C’est entre-autre le cas d’une ville comme Mons qui refuse l’ouverture de ses rues au contraire d’autres villes comme Charleroi ou Liège. Parallèlement, les réseaux mobiles passeront à la 5G d’ici 2020 (démarrage des implantations) et entretemps, les données vont continuer à augmenter. Mais pour en revenir à la question des données à sécuriser pour la ville intelligente, il faudra à un moment ou non, prioriser les données par rapport à d’autres, à infrastructures équivalentes. A défaut, c’est l’ensemble du système qui risque de s’effondrer et par conséquent, les systèmes vitaux tels que les télécommunications, base de données des villes avec leurs capteurs, et ainsi de suite.

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Vous aurez donc constaté que l’attitude de TRUMP n’est pas aussi stupide qu’il n’y parait, en effet, les villes américaines sont déjà bien plus avancées que les villes européennes au sujet de la gestion des données et de l’échange de celles-ci. Toutefois, le réseau américain est loin d’être aussi performant que celui développé en Europe. Ce choix est donc assez normal dans un système qui risquerait de toucher les intérêts vitaux des USA.

Néanmoins, se pose la question fondamentale de la Neutralité du Net qui est un enjeu de démocratie. De nombreux activistes ne s’y sont pas trompés et ils développent d’ores et déjà des solutions pour permettre à chacun de sélectionner les opérateurs qui ne contribuent pas à cette loi. C’est le cas de Casey Miller (Data Visualization Specialist) qui développe un outil Mapbox pour définir à l’échelle des villes et états américains une base de données permettant de choisir les opérateurs neutres des autres et par rue/quartier. De fait, la neutralité se gère via les réseaux et selon que l’opérateur soit propriétaire du réseau (physique) ou pas, la donne peut changer à partir d’un même opérateur. En Belgique, Orange se bat actuellement pour que Proximus offre un accès à ses réseaux hauts débits et l’enjeu est la technologie qui sera mise en œuvre par Proximus qui permettra une liberté totale d’usage (moyennant redevance) ou pas.

2018-01-05 (2)
couverture en fibre optique PROXIMUS, Mons, donnée 05/01/2018
2018-01-05 (1)
Couverture en fibre optique , Charleroi, données : 05/01/2018

Il est donc fondamental que l’Europe et les consommateurs européens restent vigilants face à cette problématique qui, sans nul doute, risque de se retrouver sur les tables de négociation de l’UE dans 3 ou 4 ans. C’est aujourd’hui que nous devons préparer l’avenir et ca commence par les systèmes mis en place actuellement, un engagement de opérateurs privés à consentir à des investissements constants dans les technologies de transferts de données et au législateur de ne pas répondre aux sirènes privées.

Source d’inspiration de cet article : The Net Neutrality map: How I built it, Mapbox,by Casey Miller, 4 janvier 2018

[1]IDC prévoit que l’univers numérique représentera 40 zettaoctects à l’horizon 2020, un volume supérieur aux dernières prévisions ; seulement 0,5 % des données disponibles dans le monde sont analysées ; Le volume de données nécessitant d’être protégées croît plus vite que l’univers numérique lui-même, mais les niveaux de protection ne suivent pas ; Le volume de données générées par des machines devrait être multiplié par 15 d’ici 2020. À l’horizon 2020, les marchés émergents produiront plus de données que les économies développées L’investissement dans la gestion, le stockage et l’étude de l’univers numérique ne va progresser que de 40 % entre 2012 et 2020. L’investissement par Go sur la même période passera en conséquence de 2 $ à 0,2 $. Source : https://www.tice-education.fr/images/stories/telechargement/IDC_Digital_Universe_Report.pdf

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