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mots-clés : Chocolat, changement climatique, don’t look up, résilience, social, société
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Article rédigé avec l’aide de l’IA : oui
En bref : L’article aborde la menace de disparition du chocolat d’ici 2040-2050 en raison du changement climatique, illustrant un basculement systémique plus large. La réponse collective oscille entre foi en la technologie pour des substituts au cacao et rejet de la synthèse, révélant une transformation profonde des habitudes alimentaires et des inégalités sociales croissantes.
Chers lecteurs, chères lectrices,
Chers abonné.e.s,
Introduction : chronique d’un basculement annoncé (et très mal digéré)
L’information circule, sérieuse, sourcée, reprise par les médias européens : le chocolat pourrait disparaître d’ici 2040–2050 (Euronews, 24 décembre 2025) , victime collatérale du changement climatique à cause de différents contextes : sécheresses récurrentes, maladies du cacaoyer, instabilité des rendements, effondrement des filières locales en Afrique de l’Ouest. L’article d’Euronews le rappelle avec sobriété : la menace est réelle, documentée, mesurée.
Mais posons-nous une question simple, presque naïve : quelqu’un s’imagine-t-il sérieusement que le chocolat n’existera plus dans quinze ans ?
Non. Bien sûr que non.
Et pourtant… quelque chose est déjà en train de disparaître.

Le chocolat tant chéri comme symptôme d’un basculement
Ce que révèle cette annonce n’est pas tant la fin du chocolat que le basculement d’un système. Un de ces basculements chers à Jean-Marc Jancovici : un point de non-retour où tout change, sans que l’on sache exactement comment, ni à quelle vitesse ni avec quels gagnants et perdants. Le cacao est une culture tropicale fragile, hyper-localisée, dépendante d’un climat stable. Autrement dit : un excellent capteur avancé du dérèglement climatique. Comme le vin en Europe et les glaciers dans les Alpes. Le chocolat est donc moins un produit menacé qu’un signal faible devenu brutalement fort. L’Ingénieur nous dit : ce que nous pensions stable ne l’est plus. Et surtout : ce que nous pensions remplaçable ne l’est pas si facilement.
Le moment « Don’t Look Up »

Il y a dans cette histoire un parfum très reconnaissable : celui du film Don’t Look Up (Netflix).
Tout le monde sait.
Tout le monde comprend qu’il se passe quelque chose.
Mais rien ne change vraiment.
L’article présente les débats scientifiques de substituts au cacao, de chocolat « climate-resilient », de fermentation alternative, de bio-ingénierie. On s’enthousiasme. On rassure. On promet. Pendant ce temps, les récoltes chutent, les producteurs s’appauvrissent, les chaînes logistiques se tendent. Comme dans le film, le problème n’est pas l’absence d’information.
C’est l’incapacité collective à traduire cette information en rupture réelle de trajectoire.
La foi dans la technique… ou son rejet
Face à ce basculement, le monde occidental dessine comme souvent deux attitudes :
1. La foi totale dans la technique
C’est l’option la plus séduisante et faussement facile. On remplacera le cacao. On optimisera les molécules aromatiques. On produira du « chocolat » sans cacaoyer. On fera mieux, plus stable, plus résilient. Peut-être même plus durable. Cette approche n’est ni naïve ni absurde. Elle est profondément ingénieur et l’ingénierie coûte cher. Toutefois, il faut reconnaitre qu’historiquement, elle a souvent fonctionné.
2. Le rejet de la technologie
Certains pourraient considérer cela comme une nouvelle forme de fuite en avant : remplacer le vivant par de la synthèse, traiter les symptômes plutôt que les causes, prolonger artificiellement un modèle non viable.
La vérité, comme souvent, se situe entre les deux.
Il y a déjà une certitude : le chocolat coûtera plus cher

Il l’est déjà. Les prix du cacao explosent. Les productions locales sont de plus en plus perturbées. L’Afrique de l’Ouest — Côte d’Ivoire, Ghana — est en première ligne, cumulant vulnérabilité climatique et dépendance économique. Dans le même temps, les chocolatiers répercutent également le prix au détail, mais, comme la grenouille dans la casserole en train de bouillir, on n’y prête pas attention. Cela se fait petit à petit, sans rien dire, on résiste… jusqu’au moment où il y aura rupture. Cela entraînera non seulement une transformation profonde de nos habitudes, mais aussi l’effondrement de l’industrie du chocolat de détail. Adieu les émissions sur le chocolat des chocolatiers et des confiseurs pendant la trêve des confiseurs ! Ou beaucoup moins. Un paradoxe au moment où l’artisanat chocolatier n’a jamais fait autant d’émules et de produits de qualité.
Dans le même temps, et comme dans Don’t Look Up, une autre certitude se dessine :
les riches continueront à manger du chocolat. Marcolini a moins de soucis à se faire que le chocolatier local. Le chocolat deviendra un marqueur social, comme l’eau potable, l’énergie stable, ou l’accès à des aliments non ultra-transformés.
Réflexion : ce qui disparaît vraiment
Le vrai risque n’est donc pas la disparition du chocolat, c’est la disparition de l’illusion que le monde de 2000 sera encore celui de 2040. Le chocolat n’est qu’un avant-goût. Amer, évidemment.
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Dr. Pascal SIMOENS, Architecte et urbaniste, data Scientist.
J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart-buildings comme responsable » R&D au sein du groupe Pirnay (Charleroi-Bruxelles) et plus particulièrement de sa section S²Enginnering (smart & sustainable) . En même temps, j’enseigne cette expertise et continue la recherche dans les domaines de l’IA, l’architecture et la réduction de l’entropie du processus constructif au sien de l’UMONS. Je représente également les universités d’Etat de la communauté Française au sein du Conseil National de l’Ordre des architectes et du Conseil francophone et germanophone.
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