PLAN DE RELANCE : L’HERBE EST-ELLE PLUS VERTE AUX ÉTATS-UNIS ?

Temps de lecture : 4 minutes
mots-clés : Congrès américain, Europe, PFAS, plan de relance, bilan carbone, GES, lobbys, mobilité, monitoring

Chers lecteurs,

Vous connaissez mon intérêt à suivre l’actualité urbanistique et numérique aux USA. Cette démarche nous permet de prendre du recul sur certains sujets ici en Europe. Nous vous proposons ici d’analyser le plan américain de relance post-Covid.

Des combats similaires

Pendant les derniers congés, nous avons été interpellés par deux sujets qui font particulièrement écho à des sujets brulants en Europe et, plus singulièrement en Belgique (si, si) ! Ils concernent les PFAS qui ont fait fortement écho en Wallonie en 2023 et 2024 avec la découverte d’une contamination importante dans les eaux potables de certaines communes. Le second est l’analyse de l’utilisation des fonds fédéraux (chez nous nous dirions européens) pour la transition écologique, un plan keynésien de plus de 1.000 milliards de dollars lancé par le président J. Biden après le COVID.

Le combat contre les PFAS aux Etats-Unis

source : https://www.woodardcurran.com/projects/understanding-pfas-in-the-water-cycle/

Nous nous basons sur l’article de GRIST est un lobby écologiste dont le crédo est « Climat, Justice. Solutions ». il se présente comme une organisation médiatique indépendante qui est une organisation médiatique indépendante à but non lucratif qui se consacre à la mise en lumière des solutions climatiques et à la révélation des injustices environnementales. Depuis 1999, nous utilisons le pouvoir du journalisme pour sensibiliser le public aux dangers de la menace la plus existentielle à laquelle nous sommes confrontés. Maintenant que les trois quarts des Américains reconnaissent que le changement climatique est en train de se produire, nous avons réorienté notre action pour montrer qu’un avenir juste et durable est à portée de main.

Voici quelques titres d’articles sur leur site :

Ce qui nous intéresse aujourd’hui est le soutien qu’ils portent au combat du Food & Water Watch qui supporte le PFAS Action Act déposé au Sénat américain le 22 juillet 2021. Ce projet de loi a pour objectif (extrait du texte de loi de la bibliothèque du Congrès américain que nous n’avons pas traduit) :

This bill establishes requirements and incentives to limit the use of perfluoroalkyl and polyfluoroalkyl substances, commonly referred to as PFAS, and remediate PFAS in the environment. PFAS are man-made and may have adverse human health effects. A variety of products contain PFAS, such as nonstick cookware or weatherproof clothing. The bill directs the Environmental Protection Agency (EPA) to designate the PFAS perfluorooctanoic acid (PFOA) and perfluorooctanesulfonic acid (PFOS) as a hazardous substances under the Comprehensive Environmental Response, Compensation, and Liability Act of 1980, thereby requiring remediation of releases of those PFAS into the environment. Within five years, the EPA must determine whether the remaining PFAS should be designated as hazardous substances. The EPA must publish human health water quality criteria under the Clean Water Act for each measurable PFAS and class of such substances and establish standards to limit discharges of PFAS from industrial sources into waters of the United States. In addition, the EPA must issue a national primary drinking water regulation for PFAS that, at a minimum, includes standards for PFOA and PFOS. Among other requirements, the EPA must also issue a final rule adding PFOA and PFOS to the list of hazardous air pollutants, test all PFAS for toxicity to human health, and regulate the disposal of materials containing PFAS. The EPA must also require PFAS manufacturers to submit analytical reference standards for PFAS. The EPA and states may use those standards for (1) the development of information, protocols, and methodologies, and (2) activities relating to the implementation of enforcement of requirements. Finally, the bill provides incentives to address PFAS, such as grants to help community water systems treat water contaminated by PFAS and grants to schools for testing and filtrating PFAS from drinking water.

Cette loi déposée en juillet 2021 n’est applicable qu’à 6 types de PFAS, les lobbys ont fait leur œuvre… Comme en Europe. Dans ces conditions, La Food and Water Wacth a lancé une pétition pour influencer les responsables politiques et étendre la couverture des interdictions pour des produits dont la durée de vie est aussi longue que certains résidus à faible radioactifs. Cet enjeu est identique en Europe et singulièrement en Wallonie au vu de ce qui s’est passé dernièrement en Wallonie, en jeu de santé publique.

Lorsqu’on construit des autoroutes avec l’argent affecté au développement durable

Le deuxième article que nous souhaitons vous proposer est lié au plan de relance américain qui faisait, sur le papier, beaucoup de bruit pour orienter les investissements vers le développement durable (Carbon Reduction Program, U.S. Department of Transportation). Et si vous lisez régulièrement notre blog, vous savez que les Américains sont parfois à la pointe de ce type d’action, tant s’en faut. Toutefois, ici c’est plutôt l’inverse démontrant au passage les jeux politiques entre l’état fédéral et les états fédérés : extrait de l’article du média Bloomberg, section CityLab (When Climate Funds Pay for Highway Expansion, Benton Graham, 7 Aout 2024).

Pour rappel, les objectifs américains n’ont rien à envier aux objectifs européens en matière de mobilité et de réduction des GES: le secteur des transports est responsable de près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis (comme en Europe, NDLR), la grande majorité provenant des véhicules de tourisme. L’administration Biden s’est fixé comme objectif de réduire les émissions de carbone de 50 % d’ici 2030I (ibid, en Europe on parle d’atteindre le niveau de production de carbone de 1991, ce qui revient à la même chose ), et certaines de ses mesures législatives phares en matière d’infrastructures visent à orienter le système de transport américain, centré sur la voiture, vers une utilisation moins polluante des véhicules privés.

Le lobby Transportation for America précise dans son analyse The IIJA is a climate time bomb. Will states defuse it? (28 février 2024) démontre qu’ un quart des fonds de l’IIJA déclarés comme engagés ou dépensés jusqu’à présent ont servi à financer des dépenses liées à l’extension des autoroutes et des routes.

Source : Bloomberg

Et de rappeler que d’augmenter les capacités du réseau routier ne règle en rien les problèmes d’embouteillages et donc, comme d’autres lobbys tentent de le démontrer, la réduction du bilan carbone des transports. La raison en est simple, les autoroutes relient les villes et les villes, elles ne peuvent pas agrandir leur réseau. En d’autres termes, même si on a 6 bandes de circulation à l’extérieur de la ville, l’accès au commerce ou au travail reste un accès limité à 2 bandes.

Ce qui nous intéresse, c’est que pour la première fois le groupe T4A a utilisé l’IA et des algorithmes pour trier les données (Machine et Deep Learning) de rapports d’États qui ne sont pas normalisés… Ce qui est assez logique puisque l’argent est finalement détourné de son objectif premier.

Que retenir de cette situation nord-américaine ? en fait, les problèmes sont les mêmes partout dans les pays développés. Les gens se plaignent souvent que l’argent est gaspillé, en Wallonie, c’est devenu un concours de critique sur les budgets du tram à Liège ou des travaux de revitalisation urbaine à Charleroi. Mais le problème n’est peut-être pas là où on le croit. La question est plutôt : comment garantir au citoyen que l’argent a réellement été dépensé par ceux qui l’ont voté. On notera au passage une initiative de l’ancien secrétaire d’État fédéral à la relance (Thomas Dermine) qui a tenté d’objectiver le suivi des investissements du plan de relance en temps réel. Gageons que cette démarche est généralisée demain (https://nextgenbelgium.be/fr/ ).

source :

En conclusion

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs ! par contre, on remarque deux initiatives de monitoring, aux USA et ici en Belgique qui devraient être, sans aucun doute, déployée beaucoup plus largement qu’aujourd’hui alors que toutes les technologies sont à notre disposition pour le faire.

Bonne et belle journée à vous.

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Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, data Scientist. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart-buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.

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