TINDER DATE

Lorsque deux personnes s rencontrent sur Tinder et décident de filmer leurs rencontres mais également… leurs états d’âmes.

Ce travail initié par l’un des protagoniste Andy LEEK, accompagné par Daniela SEA offre une lecture inédite sur le comportement naturellement compliqué des relations homme-femme. Tout y est : comportement verbal et non verbal, questionnements, contexte, … les réseaux de rencontre pour comprendre l’homme et la femme.

Une expérience sociologique vraiment intéressante.

DEAR ARCHITECTS & URBAN PLANNERS, PLEASE BE CAREFUL NOT TO LOSE THE HAND FACING IT ARCHITECTS

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PALO / Frog

Cela fait maintenant 4 ans que je travaille sur l’usage des réseaux sociaux et leur intégration dans les espaces publics et lorsque je parle des différents enjeux et interactions/potentialités des nouvelles technologies dans l’espace public et l’architecture… j’avoue parfois prêcher un peu dans le vide. Un vide de désintérêt assumé ou d’incompréhension des enjeux réels de la mutation qui s’annonce dans la conception de nos bâtiments et lieux urbains. Il en est de même lorsque je forme les étudiants de Master sur les villes numériques et villes intelligentes (Smart Cities) qui ils se rendent comptent à quel point la réalité de demain est loin de la réalité de l’enseignement traditionnel de l’architecture qui est encore dispensé aujourd’hui dans nos facultés.

A contrario, mes rencontres avec les spécialistes en technologies numériques démontrent qu’eux, n’hésitent pas à penser la ville à la place des urbanistes ou la maison de demain à la place des architectes. L’architecture et l‘urbanisme sont-ils en train de basculer vers le côté obscur de l’IT, à défaut d’avoir été pris suffisamment en charge tôt par les praticiens traditionnels ?

Et je ne suis pas le seul à m’en soucier. Jared Green, auteur de plusieurs articles sur le blog The Dirt (USA) se posait récemment la question dans le cadre d’un article demandant une meilleure vision holistique de l’aménagement des espaces publics intelligents.

A partir du moment où vous pouvez dessiner l’usage d‘un espace public à partir des seuls tweets, ce qui est l’objet de ma thèse, on peut légitimement se demander à quoi peuvent encore servir les concepteurs traditionnels. Et poser la question est facile d’y répondre si on est architecte ou urbaniste, mais insinue déjà un doute dans l’esprit des concepteurs IT, IoT, …

L’exemple de la grenouille PALO de la société LQD en est un bel exemple. En effet, depuis 3 ans, cette société élabore une nouvelle forme de colonne Morris. Mais cette colonne PALO est bien plus que cela :

  • Elle offre du WIFI gratuit et donc améliore la connectivité de l’ensemble des habitants de la ville (pour rappel, 1 habitant sur 4 en ville n’a pas de connexion internet et plus la ville est grande, plus cette proportion augmente) ;
  • Elle crée des activités (par exemple organisation d’un point de rencontre pour débuter un entrainement de course à pied) ;
  • Elle valorise des activités locales : rencontre de personnes du 3e âge ;
  • Elle offre des services régaliens : interdiction de stationnement ;

Elle est actuellement testée à New York, l’une des viles pionnières depuis 2008 dans le développement des villes intelligentes, avec Barcelone et Amsterdam, pour ne citer que ces 3 villes.

Bien évidemment, cela a un prix (publicités, etc.). Ces nouvelles colonnes définissent l’expression anglaise Placemaking qui définit un lieu où il se passe des choses… Tiens, cette définition ne devrait-elle pas être à charge (du moins partiellement) des concepteurs de l’espace public ?

Si les professionnels de la ville n’y prennent garde, dans quelques années, leur rôle sera celui d’ingénieur urbain, celui qui coordonne des éléments techniques pour que cela fonctionne, car il est démontré aujourd’hui qu’on peut dimensionner un nouvel espace à partir des usages compilés des données des habitants de cette même ville, d’animer l’espace grâce à des systèmes autonomes se nourrissant des données des usagers de l’espace public concerné.

Pourtant, la ville est à considérer comme un corps vivant et notre rôle d’urbaniste et architectes est d’être le médecin qui accompagne son développement. Un médecin qui diagnostique, analyse, renforce, développe une ville épanouie. Un épanouissement qui ne peut pas se mesurer, mais qui, si on y prend garde, se mesurera demain à défaut d’avoir anticipé notre rôle dans une nouvelle épure technologique.

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Je pourrais développer la facette contre révolutionnaire inconsciente de la nouvelle émergence des bidonvilles en Europe, le Junkspace de Rem Koolhaas est à nos portes et nous explique que les concepteurs, s’ils ne servent plus à rien, le peuple reprend ses droits et offre une nouvelle spontanéité urbaine. Peut-être faudra-t-il passer cette étape pour que les penseurs de la ville se réapproprient ce qu’il se font voler actuellement.

A notre échelle locale, celle de la Belgique et plus encore, de la Wallonie, le chemin est tout tracé : après une léthargie numérique avérée, les villes vont devoir passer à l’Open Data. Cette ouverture des données est essentielle pour que nos villes s’accrochent, enfin, au train des nouvelles technologies et surtout des nouvelles applications au service des habitants, usagers, entrepreneurs. Mais c’est également l’ouverture à la conception des nouvelles colonnes Morris, des espaces dits « intelligents », espace à la foi réel et virtuel dans un même lieu ; entre le réel et l’avatar.

Agir aujourd’hui pour penser demain. Il est grand temps…

 

Pascal Simoens, Architecte et Urbaniste, UMONS / faculté d’architecture et d’urbanisme / Centre de recherche URBAInE

REWILDING THE CITY

Corridors fauniques quatre propositions à des parties «de REWILD» de l' Amérique du Nord. Smithsonian Institute  CC BY-NC
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Wildlife corridors: four proposals to ‘rewild’ portions of North America. Smithsonian Institute, CC BY-NC

En français le terme «  réensauvager » est apparu voici peu et peut être traduit littéralement comme « remettre de la vie sauvage en ville ». Cette question de la nature en ville devient récurrente depuis quelques années et l’émergence des façades végétales sur nos façades d’immeubles de bureaux, voir, quelques appartements.

Le terme apparaît milieu des années 90 avec les écris de Reed Noss et Allen Cooperrider (saving Nature’s Legacy (1994) et qui relève le risque de perte de la biodiversité à l’échelle du monde. A cette même période, l’ONU précise que la Terre va définitivement basculer dans un monde urbain avec plus de 50% des habitants vivant dans les villes.

Plus récemment (début 2016), l’auteur Eward O. Wilson qui est professeur à l’université d’Harvard,, sort le livre Half-Earth : Our Planet’s Fight for Life  et précise sa préoccupation sur le développement des villes avec, plus particulièrement, la concentration des habitants dans les villes et mégalopoles d’ici à la fin du 21e siècle.

A notre sens, la question qui se pose est double :

  1. La première suppose que l’homme est capable de se déconnecter de son socle millénaire, inscrit dans son ADN, et supposant qu’il ne peut pas se libérer de son instinct primaire de chasseur-cueilleur. A mon sens, c’est une véritable question, mais à laquelle d’aucuns ne sont capables aujourd’hui d’y répondre. A contrario, nous pourrions nous demander si nous ne sommes pas perdants à annihiler des compétences spécifiquement humaines (vs I.A.) relatifs à notre capacité de survie instinctive en milieu hostile et, par conséquent, notre capacité de résilience.
  2. La seconde est liée à notre relation avec la technologie et, plus particulièrement, l’émergence de plus en plus probable de l’Intelligence artificielle. En effet, l’interaction homme-machine serait l’avatar de notre relation intime homme-nature.

Le lire d’Edward O. Wilson prévoir l’opportunité de séparer l’urbain et la nature (la moitié de la terre), telle que la carte présentée ci-dessous avec des corridors écologiques majeurs pour l’Amérique du Nord. Ces couloirs sont exempts de toutes vies humaines… une forme douce de l’idée développée dans la série télévisée The Zoo où la nature se rebelle contre les hommes qui la détruisent génétiquement. Ici, Wilson anticipe et propose d’organiser une sorte d’arche de Noé mondiale… sur terre.

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nouveau corridor écologique animalier, Calédonie britannique.

Parallèlement, il faut noter la recherche sur la nature en ville où les architectes et les urbanistes jouent souvent aux apprentis sorciers sans avoir de grimoires.

En tout état de cause, il me semble qu’une question est de plus en plus récurrente dans les villes sur la place de la nature et l’interrelation entre l’homme et la nature dans un monde de plus en plus urbanisé. Peut-être que la question se réglera par l’économie comme l’émergence d’une économie circulaire qui oblige de repenser la production agricole par des circuits courts. Il pourrait en être de même au travers des villes qui pourraient être valorisées au niveau de son intégration de couloir biologique et de quartiers véritablement « bio ». Les villes vertes se verraient avec un foncier plus cher et une attractivité plus grande pour les entreprises. Il restera, comme toujours, de régler la question sociale : une autre forme de discrimination humaine.

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façade végétale, 2eme arrondissement, Paris

source d’inspiration : Wiliam Lynn, Setting asie half the Erth for rewilding : the ethical dimension, The Conversation, 26 août 2015

 

OVERSEAS INTERACTIVE MAP & CLIMATE CHANGE

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Le Bigdata offre parfois de belles surprises. Plus particulièrement encore, lorsque je tombe sur une carte interactive fascinante et qui fait froid dans le dos. Je vous parle ici d’une carte proposée par CLIMATE CENTRAL, une ONG américaine qui a développé une carte interactive sur l’ensemble des données du globe et relatif à la montée (inéluctable) des eaux. Le plus impressionnant est l’analyse des variables telles que la diminution de la consommation de carbone, le stand Still ou une révolution verte. Dans tous les cas, il faut bien reconnaitre que c’est juste une question de temps.

Accès aux données interactives/cartes : ici

Pour la Belgique, les données sont de très bonne facture puisqu’elles corroborent les données étudiées par la Région flamande, entre autres dans le cas de l’étude du plan 2100 proposé par le bureau d’urbanistes Buur.

Je vous laisse vagabonder à travers le monde pour voir le cataclysme qui nous attend…

Basé sur un article lu sur The Dirt, New Map Shows the Impact of Future Sea Level Rise, 01 décembre 2015 par Jared Green

My Think Tank, between Reality and Virtuality