Villes num??riques, La Belgique fait fausse route

L???Etat belge vient de lancer une nouvelle op??ration de subventionnement pour l???achat de PC???s?? pour les particuliers belges, une nouvelle phase du Plan d???inclusion num??rique initi?? en 2005. Cette op??ration est?? la deuxi??me du genre au niveau f??d??ral, sans compter les autres men??es par les entit??s r??gionales et communautaires. Aujourd???hui, et ?? grands renforts de campagnes de communication, la solution li??e ?? une logique d???achat et de subventionnement par les pouvoirs publics?? est pr??sent??e comme LA solution ?? la fracture num??rique en Belgique. L???acc??s ?? un ordinateur et aux services informatiques?? semble ??tre suffisant pour le quidam afin de devenir un addict informatique et un pro du traitement de texte???

Pourtant, l???ensemble des chiffres du SPF ??conomie d??montre que la fracture num??rique est de plus en plus grande en Belgique et, plus particuli??rement, en Wallonie ?? (???) sur base de ces r??sultats, la Belgique reste confin??e au milieu du peloton europ??en et les progr??s enregistr??s ne touchent toujours pas l???ensemble de la population de mani??re ??quitable.???[i] Les chiffres parlent d???eux-m??mes : 70% des m??nages belges ont au moins un ordinateur, ?? Bruxelles 68% et en Wallonie, seulement 63%. Lorsqu???on analyse les connections ?? haut d??bit, le chiffre chute : 64% des m??nages belges connect??s ?? internet. C???est 26% de moins que les hollandais et 13% de moins que les allemands. Mieux encore, c???est la comparaison avec la France qui avait encore un retard non n??gligeable en 2006 et par rapport ?? la Belgique (-10%). Aujourd???hui, ce voisin a combl?? son retard et est en passe de d??passer la Belgique.

De ce constat, il faut constater qu???un pays bien connect?? et o?? plus de deux habitants sur trois poss??dent?? un pc, ne?? r??duit pas la fracture num??rique. La solution est donc ailleurs, dans la condition de l???acc??s ?? l???information via une connection internet ?? bon march?? pour tous et permettant au plus grand nombre d?????tre connect??s (software vs hardware).?? En effet, force est de constater que l???ensemble des pays du monde o?? les co??ts de connections sont les moins chers en rapport avec le taux de transfert des donn??es sont ??galement les pays les plus branch??s et utilisateurs des services num??riques sur la toile du web. A titre de comparaison, 1Mbit/S co??te 0.07$ au Japon, 0.25$ en France, 0.35$ en Su??de et 2.65$ au Etats-Unis.?? En Belgique, nous payons, au minium 3.26$. Ces chiffres doivent ??tre corr??l??s avec l?????volution entre 2005 et 2008 du co??t mensuel de connexion en comparaison de la vitesse de transfert offerte par les op??rateurs locaux : alors que la Belgique a stagn??, la France et la Su??de ont?? diminu?? leurs prix moyens de connexion mensuelle d???environs 4,5%, les Etats-Unis et le Japon de 7% pour la m??me vitesse de transfert. Pendant ce temps,?? nos voisins luxembourgeois et hollandais, diminuaient le co??t de leurs connexions de 13% et 4% alors que le taux de transfert augmentait de +76%?? et +32%[ii] !

La Belgique est donc un pays europ??en bien connect?? mais qui peine ?? renforcer son assise pour devenir un bon ??l??ve de l???int??gration num??rique comme les pays du nord de l???Europe ou le Japon.?? Les plus d??munis sont donc exclus, de fait, par leur incapacit?? financi??re ?? ??tre connect??s ?? l???internet haut d??bit.

La solution de subventionnement est donc totalement paradoxale pour une famille ?? faibles revenus et ?? qui on propose une r??duction d???imp??ts sur?? le revenu (114??? dans le cadre de la nouvelle action f??d??rale d???achat d???un PC) alors que la cible de population de cette action re??oit d??j?? un cr??dit d???imp??t.

Il faut constater que la politique d???inclusion num??rique f??d??rale et r??gionale est englu??e dans des m??canismes de subsidiarit?? non adapt??s ?? la r??alit?? du terrain, dans les quartiers urbains d??favoris??s ou bien les zones rurales recul??es. Pourtant, des exemples europ??ens d??montrent que la fracture num??rique peut ??tre absorb??e, au-del?? des barri??res de la formation aux outils ou, de la formation de base des utilisateurs. Le m??canisme de subsidiassions?? s???inscrit dans un principe passif de la part du consommateur num??rique. Or, la r??volution num??rique passe par une attitude active dans la soci??t?? afin d???am??liorer son avenir. L???inclusion num??rique doit donc int??grer les territoires d???exclusion et offrir les conditions sociales n??cessaires ?? l?????closion des talents qui sont enfuis en chacun de nous et que la technologie des m??dias num??riques et des r??seaux permettent aujourd???hui de s???exprimer plus facilement.

Les conditions sociales ?? l???acc??s num??rique sont donc asservies pour r??ussir, ?? un nouveau paradigme soci??tal : la gratuit?? des co??ts de connection. Cela pr??sume la capacit?? des Etats, R??gions et villes, ?? supporter les co??ts d???infrastructures qui sont souvent co??teux au d??part. D???autant que les op??rateurs priv??s sont peux enclins ?? d??velopper ces infrastructures sur des territoires paup??ris??s, de prime abord, peux rentables. La gratuit?? des infrastructures n???est pas ?? comparer ?? la gratuit?? des t??l??chargements, il ne faut pas se tromper de cible et faire d???amalgame. Toutefois, rappelons cette int??ressante ??tude anglaise dont les conclusions faisaient le constat que ce sont les personnes qui t??l??chargent ill??galement le plus de musique qui ach??tent ??galement en ligne?? le plus de musique. La notion d???offre et de demande est remplac??e par la loi de l???offre et la s??lection. Autrement dit,?? plus on consomme du gratuit, plus on ach??te intelligemment. Pour l???offre num??rique gratuite, nous sommes dans les m??mes sch??mas : plus l???acc??s est favoris??, plus on d??veloppe ses capacit??s des individus ?? bien utiliser internet et ses r??seaux. Cette utilisation est un processus actif et, surtout, it??ratif, cr??atif et autonome : chacun trouve sa propre voie. A ce moment-l??, on pourra parler r??ellement de la r??duction de la fracture num??rique.

Aujourd???hui, la Belgique et, particuli??rement la partie francophone du pays prend un retard consid??rable pour l???int??gration des TIC dans la vie quotidiennes des wallons et bruxellois. La causeest probablement une vision peut innovante du transf??rer des moyens publics au profit des individus qui en ont le plus besoins. Il en va plus particuli??rement d???une ville, capitale de l???Europe. Il y a un risque de dualisation technologique entre ceux qui parcourent la ville avec leur iPhone et ceux qui peine ?? se connecter ?? haut d??bit chez eux. Mais aussi de la r??gion wallonne qui tente chaque jour de montrer l???image d???un nouveau dynamisme ??conomique. Elle persiste ?? investir dans des b??timents (maisons num??riques) alors qu???elle devrait investir dans la couverture des quartiers urbains paup??ris??s par des technologies telles que le WIFI.


[i] ?? la ( r )??volution num??rique continue ?? gagner du terrain ??, SPF ??conomie, communiqu?? de presse du 29 septembre 2009??

[ii] OECD Broadband statistics [oecd.org/sti/ict/broadband], Evoluation of a representative broadband subscription over time (2005-2008)??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????

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