BONNES RÉSOLUTIONS : ET SI ON COMMENÇAIT PAR RÉDUIRE NOTRE PRODUCTION DE t.CO₂/an ?

Photo de Markus Spiske sur Pexels.com

Temps de lecture : 4 minutes
mots-clés : Energy, sustainability, smart city, cities, map, atlas, BNP Paribas, 1960, 2019

Chers lecteurs,

Histoire de rester en forme pour continuer sur la lancée de 2020, je vous propose de faire un bilan de notre consommation carbone de ces dernières années (jusqu’à 2019) au travers du Global Carbon Atlas. Comme décrit sur le site, « L’Atlas Mondial du Carbone est une plate-forme internet destinée à explorer et visualiser les données les plus récentes sur les flux de carbone résultant des activités humaines et des processus naturels. ». Une animation de 960 à nos jours montre comme l’Hémisphère Nord est le plus grand responsable de la situation, rien de neuf sous le soleil. Plus intéressante est la réelle réduction de l’Allemagne ( 814 MtCO/73,4 millions d’hab. en 1960 et 702 MtCO/83,5 millions d’hab. en 2019) depuis le début des années 2000 et parallèlement l’explosion de la Chine, mais aussi l’Afrique du Sud et dans une moindre mesure l’Amérique du Sud. Une démonstration que notre mode de développement économique est voué à se transformer si nous voulons encore garder quelque espoir sur l’avenir de l’humanité.

les gagnants…

Quant à la Belgique, nous ne sommes pas vraiment de bons élèves même si nous ne sommes pas les plus mauvais : en 1960, nous produisions 91 MtCo/9,16 millions d’hab. et en 2019 nous sommes passés à 100 MtCO/11,5 millions d’hab. Toutefois, précisons que nous passons de la 14e place (1960) à la 44e, uniquement parce que d’autres pays se sont, entretemps, bien développés. Par comparaison, nous consommons aujourd’hui 3 fois moins de CO que la France qui est 6 x plus peuplés. Bien sûr, la France profite de sa stratégie du « tout nucléaire ». Les Pays-Bas sont encore plus mauvais que nous. Nous sommes ainsi le 44e plus grand pollueur de la terre, entre la République tchèque et le Turkménistan. Par comparaison, Haïti avec la même surface de territoire et le même nombre d’habitants produit… 3.3 MtCO/an. Évidemment, Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord, mais c’est aussi celui qui contribue le moins au réchauffement climatique par habitant. À méditer.

les perdants…

Quant aux matières premières (énergies fossiles) qui produisent le plus de rejets dans l’atmosphère, le charbon reste en tête même s’il semble stagner ces dernières années. Avec une croissance de 0.1% sur les 2 dernières années pour une moyenne 1990-2019 de +2%/an les énergies fossiles semblent maintenant stagner, corrélé par une émission de tkg.CO/an PIB qui diminue de 2.7% entre 2018-2019 pour respectivement -1.5% depuis 1990. À ce niveau, la Belgique s’en sort un petit peu mieux, mais les différences ne sont pas significatives. Or, en tant que pays occidental développé, plus nous stagnons, plus sera difficile d’atteindre les objectifs de l’UE de réduction de plus de 50% de nos rejets de CO₂ à l’aulne de 2050. Il est donc grand temps de se réveiller et d’agir.

Enfin, le site révèle (encore une fois) que le bilan carbone des villes est assez catastrophique :High Energy use and dense populations : the city is a CO2 hotspot.

« Les villes du monde entier concentrent la population, la consommation d’énergie et la production économique. Les villes sont ainsi des points chauds du cycle mondial du carbone, avec des émissions considérables de CO₂ provenant des combustibles fossiles provenant de la consommation d’électricité, du transport terrestre, des bâtiments résidentiels et commerciaux. En outre, dans de nombreuses régions, des activités industrielles se sont développées autour et à l’intérieur des villes qui contribuent également aux émissions de CO₂. Les émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie urbaine varient de 8,8 à 14,3 Gt CO₂ par an, ce qui représente entre 53% et 87% des émissions de CO₂ liées à la consommation d’énergie finale mondiale. ».

Une situation qui doit nous faire réfléchir : si apparait impossible d’inverser la tendance d’urbanisation de la Terre, il est toutefois essentiel d’optimiser cette consommation énergétique. La smart city est l’une des options et l’enjeu de demain par une amélioration des rendements de consommation des énergies, y compris les ENR. Toutefois, les systèmes pour optimaliser ces processus sont très complexes (communautés d’énergie par exemple) et le numérique peut devenir l’huile dans les rouages et engrenages, tant pour la gestion que pour la réduction de la consommation. À cet effet, les enjeux dans la construction des bâtiments sont cruciaux avec un potentiel de réduction de plus de 30% de l’ensemble de la production de CO₂ issu de la ville !

toutes les données (screenshot sont issues du rapport en ligne)

Merci de votre lecture.

Pascal SIMOENS Architecte et urbaniste, Data Curator. Expert Smart Cities. J’ai commencé ma vie en construisant des villes en Lego, j’en ai fait mon métier. Geek invétéré, aujourd’hui je joins mes passions du numérique et de la ville au travers d’une expertise smart Cities et smart buildings en travaillant en bureau d’étude (Poly-Tech Engineering) et j’enseigne cette même expertise à l’UMONS et l’ULB.

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