AVEZ-VOUS DÉJÀ ENTENDU PARLER DES SUPERBLOCKS DE BARCELONE ?

Temps de lecture : 3 minutes (+ 5 minutes vidéo Vox)

Superblocks by Vox

Si vous vous intéressez à la transition urbaine vers une mobilité plus douce, vous pourriez être intéressé. En effet, ces superblocks sont des regroupements d’ilots (4 , 6, 8…) à travers lesquels, la voiture n’est plus la bienvenue. L’idée est de développer des espaces apaisés et valorisants les échanges sur les espaces publics. La réflexion me née par les urbanistes de la municipalité de Barcelone est de démontrer que la réduction du nombre de rues dédiées à l’automobile n’est pas nécessairement un vecteur de contraintes supplémentaires et permet, en contrepartie, d’améliorer sensiblement la qualité de vie et de santé dans les quartiers.

Bien sûr, me direz-vous, Barcelone est une ville de plus d’un million d’habitants donc, « dans ma commune », ce n’est pas possible.  Pourtant, ce que les superblocks risquent de démontrer c’est plutôt que c’est la surface de l’emprise du territoire déconnecté des voitures qui est plus importante que la densité réelle du territoire. Autrement dit, quelle est la contrainte acceptable de marcher pour avoir un transport en commun ou une place de parking pour ma voiture ? l’expérience démontre que les arrêts de bus offrent une acceptabilité des contraintes à 300m, mais avec une certaine variabilité selon l’intensité et la densité du territoire. Selon les villes, les stations de métro sont entre 600 et 800m. il serait donc plutôt question de densité que de distance ? Cela mérite en tout cas réflexion, car la ville espagnole de Pontevedra est devenue la première ville sans voiture ? Cette ville de 83.000 habitants dans la région de Galice a développé sa transition durable à partir de 1999 avec un maire qui déclara la guerre aux 27.000 automobilistes qui circulaient journalièrement dans la ville.

Nous avons donc aujourd’hui un recul de 19 ans sur cette expérience et elle impressionne :

  • Le trafic automobile a diminué de 90%
  • 70% des déplacements se font à pied ou à vélo
  • La pollution de l’air a chuté de 65%.
  • Moins de bruit aussi et beaucoup moins d’accidents de circulation.
Pontevedra, ville apaisée, modes doux, …
Lorsque l’espace public est libéré de la voiture…

Aujourd’hui, seuls les voitures de livraison et les riverains sont autorisés à circuler dans une zone limitée de Pontevedra, la vitesse est limitée à 30km/h. Un parking de 4 000 places gratuites est situé à une dizaine de minutes à pied du centre historique. Et aujourd’hui, la ville renommée dans le monde entier. Alors donc, est-ce vraiment impossible pour des villes comme Mons, Tournai, Namur, Hasselt … de faire reculer la voiture à sa périphérie ? Non, puisqu’une petite ville de province en Galice en est capable. Ah , oui, j’oubliais, la ville de Pontevedra a augmenté le nombre d’habitants de 74.942 (2001) à 82.946 (2014), soit une croissance de 10% en 13 ans ( !) pour une densité de population de 706,6 hab/km².

plus de sources à ce sujet :

BCN Ecologia / SuperBlocks
Barcelona’s Superblocks: Change the Grid, Change your Neighborhood (vidéo)
Inside a Pedestrian-First ‘Superblock’ (CityLab)

Bonne lecture!
Pascal SIMOENS
Urbaniste, architecte et data curator.

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