Si vous êtes un architecte européen, probablement que vous ne connaissez pas Columbus (USA). Maintenant, vous n’aurez plus d’excuses!

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Columbus est un nom de ville qui vous dit quelque chose, sans nul doute. Vous ne savez pas vraiment où cette ville se trouve aux États-Unis, mais elle sonne bien dans l’oreille… Et puis, vous commencez à vous informer, car on vous explique que cette ville dans l’Indiana, c’est l’une des plus belles villes des États-Unis, une ville où l’architecture est reine. Et puis, vous faites une recherche sur Google maps, vous trouvez Columbus, capitale de l’Ohio avec ses 787.000 habitants, entre Indianapolis et Pittsburgh. On n’était pas loin (180 km à l’échelle du territoire américain) et pourtant si loin de ce bijou de Columbus en Indiana.

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l’ensemble des images illustrant cet article sont issues du film Colombus, 2017.

Columbus est une ville singulière où des projets d’architectes de renom ont été construits de manière effrénée alentour de la Seconde Guerre mondiale jusque dans les années 70. Cette petite ville provinciale et chic s’est développée à l’apogée de l’industrialisme américain Allen Kwun qui relate l’histoire de la ville dans son article Comment Columbus, Indiana, est devenu la Mecque de l’architecture moderniste publié le 4 septembre 2017.

Des dizaines d’architectes se sont posés sur la ville : Eliel, Eero Saarinen, IM Pei, Richard Meier, Robert Venturi, SOM, Berke, Polskek, Birkerts, Weese, Roche, Jimenez … et tant d’autres. Au plus fort de la création, cette bourgade bourgeoise faisait construire 2 bâtiments/an pour répondre à la croissance démographique du Baby-boom : écoles, bibliothèques, etc.

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La ville de 46.000 habitants fut dirigée par un bourgmestre éclairé, J. Irwin Miller, Magnat local financier tombe amoureux de l’architecture lors de ses études à Yale. Il fonde en 1954 le programme d’architecture de la Cummins Foundation, processus typiquement anglo-saxon de création d’une fondation issue d’une entreprise locale afin de dépenser ses impôts au service des acteurs, habitants et associations locales, et permettant le sponsoring des projets architecturaux (coûteux) de la petite ville de Columbus. J. Irwin Miller considère l’architecture comme un médium moteur de progrès social et, plus tard, en développant le programme d’architecture, Miller rappellera les paroles de Winston Churchill : « Nous façonnons nos bâtiments; ensuite ils nous façonnent.  » (Allen Kwun). Et la Cummins Foundation de rappeler qu’  « Il n’y a pas d’autre endroit dans lequel un seul philanthrope a placé autant de confiance en l’architecture en tant que moyen d’amélioration civique » (New York Times , Paul Goldberger). Miller croyait que si la ville se conformait à des normes élevées en matière d’architecture et de design, les avantages pour la société seraient manifestes. « Quoi que vous fassiez dans ce monde, vous avez la responsabilité et le privilège de le faire de la meilleure façon possible », a-t-il déclaré. « Et qu’il s’agisse d’architecture, de cuisine, de théâtre ou de musique, le meilleur n’est pas trop bon pour aucun de nous. »

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Ce ne fut pas en vain et aujourd’hui, cette petite ville à quelques jets de pierre d’Indianapolis est devenue un lieu autant de vie que de tourisme et de culture :

La ville a longtemps attiré des passionnés d’architecture et, ces dernières années, son héritage architectural a contribué à façonner la programmation culturelle de la communauté locale. L’exposition Columbus, exposition annuelle qui en est à sa 3e édition, présente des installations de créateurs contemporains, notamment de Cody Hoyt, Snarkitecture, et Studio Formafantasma, qui ont été mandatés pour créer des œuvres qui engagent un dialogue intergénérationnel sur l’art, l’architecture et l’espace public.

L’année 2017 a également vu la sortie du long métrage Columbus , qui se déroule dans la ville. Écrit et réalisé par le réalisateur sud-coréen Kogonada, le récit est basé sur une amitié intime entre un homme et une femme – un guide touristique local et le fils d’un historien de l’architecture, bien entendu.

 

Leur relation se déroule au sein de vastes scènes atmosphériques qui, avec raison, décrivent les structures emblématiques de la ville comme des personnages – les édifices emblématiques modernistes d’une époque révolue.

À ce Road movie immobile et où l’architecture devient l’héroïne du film, est accompagnée d’une musique du groupe américain Hammock qui nous propose une musique atmosphérique qui vous enveloppe, bâtiment par bâtiment (lien vers l’album/ Spotify).

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Alors, chers confrères architectes, si vous passez par Chicago et la région des Grands Lacs, faites un petit détour, ça doit en valoir la peine. Outre le catalogue architectural, c’est aussi l’impact que l’architecture, lorsqu’elle est de qualité, qui doit faire réfléchir. Une recherche d’absolu qui est bien nécessaire en ces temps troubles.

Pascal SIMOENS, Urban Planner & architect, Smartcities expert.

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